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TESTAMENT DE LA CONVENTION

« Le sentiment qui l'anime est trop respectable pour que je me refuse à sa sollicitation, et la liaison qui existait autrefois entre Bureaux-Pusy et moi, comme camarades d étude et officiers dans la même arme, me fait attacher encore plus d'intérêt à la demande de sa jeune épouse. »

« Je ne doute pas, mon cher général, que vous ne saisissiez avec plaisir celte occasion d'exercer un acte de bienfaisance envers une personne vertueuse, et que vous ne réussissiez à intéresser en sa faveur la générosité du prince Charles. »

Mesdames de Maubourg et de Pusy, deux mois avant le 18 fructidor, partirent, avec une expédition de I arrêté du Directoire, pour se rapprocher des prisonniers. Elles virent, en passant à Strasbourg, Moreau qui leur témoigna beaucoup d'intérêt, racontent les Mémoires de Lafayette. Moreau les achemina vers le prince Charles, qui les reçut aussi fort bien, mais n'osa prendre sur lui de leur donner des passe-ports pour les Étals de son frère; il ne put que solliciter pour elles ces passe-porls, qui furent refusés, tant la police de Vienne faisait courber les têtes les plus élevées.

Le testament de la Convention nationale avait été une loi d'amnistie, dont le premier article portait : « A dater du jour de la publication de la paix générale, la peine de mort sera abolie dans toute la République française. »

On a plusieurs fois signé la paix, et l'humanité attend encore le cadeau que la Convention lui avait promis. Nous qui acceptons avec bonheur le legs de la

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grande assemblée, nous ne pouvons nous empêcher de rappeler qu'aucun gouvernement n'a osé le répudier par une abrogation formelle de la loi du 4 brumaire an IV. Le gouvernement consulaire, le premier qui se soit trouvé dans les conditions prévues pour la suppression de la peine capitale, bien loin d'accomplir cet acte magnanime, a rétabli la marque et l'esclavage; mais, en présence du décret de la Convention, il a seulement déclaré ne pas vouloir le rapporter, et attendre l'heureux jour où ce décret pourrait être exécuté.

L'aministie avait maintenu les dispositions anciennes contre les émigrés ; mais le Directoire n'employa pas à leur égard les sévérités dont il était pourvu, et les tribunaux acquittèrent presque tous les fauteurs de l'insurrection de vendémiaire. Cette indulgence était-elle imprudence? L'histoire ancienne dit oui : Polybe raconte que les habitants de Cynèthe ayant rappelé leurs bannis, ceux-ci, à peine réintégrés dans la ville, la livrèrent aux Éloliens, se glorifiant de ruiner le pays qui leur avait donné l'existence.

Les émigrés français rapportèrent aussi leurs sentiments de vengeance et leurs idées de réaction ; mais, proscrits par catégories, beaucoup d'entre eux avaient injustement souffert; et Carnot, naturellement porté à la clémence, interprétait volontiers les lois en faveur de ceux qui n'avaient pas pris les armes contre leur patrie; il pensait même que successivement tous pourraient être amnistiés.

De leur côté, les Jacobins, abattus au premier prairial, tâchaient de rendre à la Révolution toute son ardeur.

Le Directoire, dans ses premières instructions à ses fonctionnaires, marque sa position entre «des hommes ennemis nés de la liberté, qui n'ont jamais voulu de la

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