ADMINISTRATION DE L'INTÉRIEUR
sident de l'Institut que l'ordonnance royale sur cet établissement doit être considérée comme non avenue. La classe des beaux-arts n'avait que vingt-huit membres; Carnot en fit porter le nombre à quarante. C'est alors qu'entra à l'Institut cette belle promotion : Girodet, Gros, Guérin, Cherubini, Berton, Lesueur, etc.
« Carnot s'occupa des routes, des dunes qu'il ordonna de planter, des marais dont il prescrivit le dessèchement, des montagnes qu'il voulait qu'on reboisât. Ce fut lui qui des premiers projeta de couper la Vendée par des routes multipliées, pour activer la circulation, semer les idées, empêcher les révoltes.
a C'était un général qui aimait l'agriculture, un soldat qui aimait l'humanité. Jamais je n'ai vu un homme plus simple en ses discours, plus loyal, plus prompt à juger le bien et le mal, à distinguer le vrai du faux, plus doux et plus affectueux pour ceux qu'il estimait, plus indulgent pour la faiblesse ; mais plus roide aussi et plus inexorable pour le vice, la perfidie et la lâcheté.
« Je sais bien tout ce qui s'est fait dans ce temps-là, puisque je recevais les confidences de votre père, et que je travaillais souvent avec lui. J'écrirais un volume sur les excellentes mesures qui furent prises dans l'espace de trois mois, et dont les effets se sont prolongés utilement pour le pays. Je rassemblerai mes souvenirs et j'en causerai avec vous, après l'établissement complet du régime démocratique. »
La condition ne s'est pas réalisée et la mort est venue.
Encore une anecdote racontée par la même plume : « Cette statue (celle d'Henri IV qui décore le pont Neuf) était commencée quand l'Empereur revint de
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l'île d'Elbe. Carnot fut nommé ministre de l'intérieur. Vous croyez qu'ayant les monuments dans ses attributions, il ne permettra pas d'ériger une statue au chef des Bourbons. Loin de là, Carnot proposa à Napoléon de faire achever le monument de ce roi populaire qui fut si cher à la nation, L'Empereur se réserva d'y penser. »
La décision que prit Carnot au sujet d une autre statue n'est pas d'un flatteur, mais elle est peut-être d'un homme de goût ; le 24 mars il écrivit au préfet de la Seine : « La statue de S. M. ne sera pas replacée sur la colonne Vendôme. »
Il méditait une promotion de la Légion d'honneur qui témoigne également de son indépendance et de son impartialité, car sa liste de candidatures présente des noms très-connus dans l'opinion royaliste : ceux de MM. Ampère, Biot, l'abbé Sicard, Dupont de Nemours, ce vétéran de l'Assemblée constituante, que l'on avait vu sortir seul des rangs de la garde nationale, à l'appel fait aux volontaires royaux, le 1 8 mars 1815. — Sur le même agenda se trouve menlionnée une pension au frère de Favras, martyr de son dévouement pour le comte de Provence. Cet acte de charité était en môme temps une malice de bonne guerre, puisqu'il révélait l'ingratitude du prétendant. — On y lit aussi : « S'occuper- du sort des Conventionnels. » Plusieurs de ces vieillards souffraient d'une misère qui fera la gloire de leur vie.
Enfin les ecclésiastiques pauvres ne furent pas négligés. Beaucoup de membres du clergé français, dans l'espoir de reconquérir leurs anciennes richesses, avaient favorisé les essais réactionnaires des Bourbons; et quelques-uns s'étaient laissé entraîner jusqu'à des intimidations de conscience à l'égard des possesseurs de biens