CONSEIL DE L'INDUSTRIE
blissemenl d'un fonds commun, dans chaque ville de fabrique, pour secourir les ouvriers malheureux, — exposition permanente des produits de l'industrie au Conservatoire des arts et métiers, — encouragements, distinctions, fêtes civiques pour les agriculteurs, — révision de la loi sur les brevets d'invention, — traités de commerce, — importation et exportation des matières premières. — J'en supprime la moitié.
Les séances, tenues dans le cabinet du ministre, se prolongèrent jusqu'au 22 juin, après Waterloo. Il n'y en eut que neuf ou dix, pendant lesquelles on aborda une foule de sujets.
Dans la première (le 15 avril), on parla presque exclusivement de la méthode mutuelle. Dans une autre, M. de la Rochefoucauld-Liancourt lut un rapport sur les hôpitaux et sur les moyens d'éteindre la mendicité; on s'occupa de 1 assainissement des habitations rurales; on proposa d'établir, entre tous les arrondissements, une correspondance médicale, centralisée au Conseil de la santé publique ; — plusieurs fois il fut question de la prison d'essai que le ministre allait organiser dans une maison voisine du pont d'Austerlitz, et qui devait offrir un modèle d'application du système pénitentiaire, alors dans l'enfance. — Un jour l'entretien roula sur les machines à vapeur appliquées à la navigation et à la traction des voitures. Carnot témoigna le désir d'appeler en France Fulton, qui vivait encore, de lui faire décerner
la base du crédit réciproque, et destinée à jouer un rôle de médiateur entre les diverses classes de commerçants. On voit, d'après les comptes rendus, que les résultats espérés de rctlo institution étaient : la destruction de l'usure, le rappel de l'intérêt de l'argent à un taux modéré, uu mouvement des capitaux vers l'agriculture, qui « présente, dit le rapporteur, un ensemble de produits auprès duquel tout ce que l'industrie bumaino peut tirer des autres arts ne saurait entrer en comparaison. »
une récompense publique et de l'engager à établir sur nos fleuves ses bateaux, dont on commençait à faire usage en Angleterre pour la navigation de la Tamise. Un décret fut môme préparé dans ce but. — Une autre fois, le ministre annonça un prix annuel de cinquante mille francs pour l'auteur de la découverte industrielle la plus utile. Il parla de fonder à Paris une Ecole normale des arts mécaniques. — La question du commerce des grains et des approvisionnements fut souvent à l'ordre du jour du Conseil. — Enfin, parmi les sujets qui l'occupèrent figurent la création de fermes expérimentales et l'amélioration des instruments aratoires, les haras et les bergeries nationales.
Nous ne faisons cette énumération que pour montrer quel rôle Carnot voulait assigner à son Conseil d'indmtrie et de bienfaisance. 11 serait devenu un foyer rayonnant des progrès matériels. Déjà plusieurs missionnaires avaient été envoyés dans les départements pour y faire des voyages d'enquête et de propagande. Je lis sur les instructions écrites par le ministre à l'un d'entre eux, M. Christian : « Parcourir les établissements d'industrie, les améliorer par voie d'exhortation, en observer les procédés pour les faire adopter ailleurs; faire tous les trois mois un rapport général. »
Le ministre avait l'intention de visiter lui-même fréquemment les usines et manufactures, pour éclairer les encouragements de l'État. Mon père commença une tournée de ce genre dans Paris, et m'accorda la jouissance instructive de l'accompagner.
Il est juste de dire que Napoléon favorisait ce mouvement avec une sorte d'enthousiasme. Il avait inséré^ dans son Acte additionnel, un article qui, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, comme le fait observer