CONVENTION DE PARIS
stancc encore conlribua peut-être à donner une mauvaise tournure aux négociations : c'est l'intervention de Davousl, dont Blûcher s'irrita beaucoup. Davoust avait laissé dans l'Allemagne du nord, à tort ou à raison, une renommée odieuse ; il personnifiait aux yeux des populations toute la dureté du régime napoléonien; et Blûcher, né dans ces contrées, homme de passion, avait pour ce général une haine violente, qu'il ne put s'empêcher, dit-on, de lui exprimer personnellement dans une lettre offensante.
La Convention de Paris portait suspension des hostilités, évacuation de la ville, conservation du service intérieur par la garde nationale, retraite de nos soldats derrière la Loire, respect des propriétés publiques et privées, garantie que nul ne serait inquiété ni recherché pour sa conduite et ses opinions.
Dans la pensée de Carnot, les membres du gouvernement devaient se retirer avec l'armée, afin de tenir le drapeau national, et de négocier des conditions politiques pour la France, en s'appuyant sur une force capable de donner du poids à leurs paroles. Mais ses collègues ne voulurent pas le suivre dans cette voie ; et les étrangers, au lieu d'obéir à l'esprit de la capitulation, et de se borner à occuper militairement Paris, en laissant le peuple français maître de ses destinées, s'empressèrent de réinstaller les Bourbons et de protéger leurs vengeances.
La Commission siégeait encore aux Tuileries, lorsque les bataillons et l'artillerie de Blûcher vinrent se déployer sur la place du Carrousel. Un officier, entrant dans la salle du Conseil, présenta de la part de son chef l'injonction de faire payer cent millions de francs. Les membres de la Commission protestèrent, au nom du
traité de la veille, contre ces exigences et contre la prise de possession du siège du gouvernement. Mais n'obtenant rien du plus fort, ils résolurent de se dissoudre, après avoir dépose sur le bureau la sommation de Blûcher comme un legs à Louis XVII I. Leur détermination, motivée sur l'oubli des promesses faites et sur la violation de leur liberté, fut notifiée à la Chambre des représentants.
La Chambre, à cette heure critique, avait cru ne pouvoir mieux affirmer son droit qu'en poursuivant le vote de la Constitution. Carnot-Feulins était à la tribune, répondant au rapporteur, Manuel, qui venait de parler en faveur de la pairie héréditaire; il fut obligé de s'interrompre, et c'est lui-même qui donna lecture à l'Assemblée du dernier message de la Commission executive. Hobhouse raconte cette scène dans son Histoire des Cent-Jours.
La Commission déclarait qu elle cédait à la force; mais Fouché, transformant cette noble altitude en un acte de soumission, se hâta d'annoncer, dans les termes suivants, à Louis XVIII, la dissolution du pouvoir exécutif : « Le retour de Votre Majesté ne laisse plus aux membres du gouvernement d'autre devoir que celui de se séparer; » et, sur sa communication, le Moniteur du 8 juillet enregistra le fait de cette manière : « ta Commission de gouvernement a fait connaître au roi, par l'organe de son président, qu'elle venait de se dissoudre.»
Les quatre autres membres de la Commission, indignés de cette dernière trahison, se réunirent aussitôt et rédigèrent une réclamation que voici : « Monsieur le Duc, la Commission de gouvernement n'ayant pu, ni dû, charger Votre Excellence d'aucune mission en se retirant, nous vous prions de faire désavouer l'article inséré au Moni-