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SENTIMENT NATIONAL DES, PARISIENS

La Déclaration du T> juillet semble un arrêt prophétique lancé contre le gouvernement des Bourbons : elle voue à une existence éphémère tout pouvoir qui n'aurait d'autre titre que les acclamations et les volontés d'un parti, ou qui serait imposé par la force ; tout pouvoir qui n'adopterait pas les couleurs nationales et ne garantirait pas : la liberté des citoyens, l'égalité des droits civils et politiques, la liberté de la presse, celle des cultes, l' irrévocabilité des ventes de biens nationaux, l'abolition de la noblesse ancienne et de la nouvelle noblesse héréditaire, l'entier oubli des opinions et des votes politiques, etc.

L'Assemblée enfin ne quitta son poste que sous la pression des baïonnettes, selon la parole fameuse de Mirabeau, que répéta la bouche d'un autre grand orateur (Manuel), et qui fut accueillie par quatre salves d'applaudissements.

Au milieu de bien des fautes et de bien des faiblesses, le sentiment national ne s'éteignit pas chez notre population. J'en trouve le témoignage dans un fait que je cite avec joie parce qu'il repose la pensée après le souvenir poignant de tant de malheurs, que je cite avec confiance parce qu'il m'est permis de l'emprunter au récit d'un de nos ennemis :

« Dans le voisinage d'une ville aussi peuplée que Paris, dont les habitants ont été si longtemps renommés par leur passion pour les spectacles publics, on aurait pu croire qu'il se serait trouvé un grand nombre de curieux aux brillantes manœuvres militaires des troupes alliées que présidaient les rois. Mais je n'ai jamais vu plus de cent Français, tous de la plus basse classe, spectateurs de ces revues, lors même qu'elles avaient lieu sur la place Louis XV, sous leurs propres yeux. Cette

circonstance est l'indice le plus positif du profond chagrin qu'ils ont de leur malheur présent; elle prouver plus que mille autres, qu'ils ont lm la coupe dans toute son amertume, et que le fer a pénétré jusqu'au cn?ur. » (Walter Scott.)

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