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vcur des armées républicaines. Pendant que vous tenez r ennemi en échec et que, fier d une apparence de succès, il va de plus en plus s'engager, Moreau passera le 1 1 li in et gagnera ses derrières. L'ennemi, pressé, quittera précipitamment la Sieg et la Lahn pour faire tète à Moreau. C'est ce mouvement rétrograde, auquel il sera forcé dans peu. qu'il faul habilement saisir : il faut déboucher brusquement du camp retranché de Dusscldorf, et le poursuivre sans lui donner l'instant de respirer, sans s'amuser à chercher des positions. Je vous promets pour résultat la victoire la plus signalée qui ail encore eu lieu depuis le commencement de la guerre.
« Il faut convenir que la position de la Lahn est détestable et presque impossible à conserver, parce que l'ennemi a toujours la faculté de se porter sur votre gauche : aussi n'est-ce pas ce que vous devez jamais tenter. Ce que vous devez faire, c'est d'attirer l'ennemi à une grande et décisive bataille dans son propre pays, sur la rive droite du Rhin; et l'endroit le plus propre pour vous est précisément le lieu où il est actuellement, c'est-à-dire entre Dusscldorf et la Sieg ou la Lahn : il ne peut manquer d'y être exterminé s'il est bien pris sur le temps et pressé sur ses derrières par le général Moreau.
« Voilà, citoyen général, les vues sur lesquelles nous sommes tombés d'accord l'hiver dernier, et ce n'est pas lorsqu'elles commencent à s'accomplir qu'il faut perdre l'espoir. Moreau doit être passé, ou il passera bientôt : il en a l'ordre positif. Attirez donc l'ennemi de plus en plus vers vous, et préparez- vous à tomber sur lui avec toutes vos forces au moment de sa retraite.
« Gardez-vous, mon cher général, de prendre une altitude défensive : le courage de vos troupes s'affaiblirait et l'audace de l'ennemi deviendrait extrême. Il faul,
je vous le répèle, livrer une grande bataille, la livrer sur la rive droite du Rhin, la livrer le plus près possible de Dusseldorf, la livrer au moment où l'ennemi commencera à tourner pour faire face à Moreau, la livrer enfin avec toutes vos forces, avec votre impétuosité ordinaire, et poursuivre sans relâche l'ennemi jusqu'à ce qu'il soit entièrement dispersé.
« L'ennemi ne manquera pas de porter sur votre gauche un corps de troupes, pour vous tourner et vous arrêter dans voire course; il faut avoir une division exprès pour faire face à ce corps détaché, et qui, soit par sa force, soit par une position inexpugnable, le dispersera ou le contiendra.
« J'espère, mon cher général, avoir dans peu de jours à vous féliciter sur une victoire digne du vainqueur de Fleurus, de l'armée de Sambn>et -Meuse, et de la cause que nous défendons.
« Salut et fraternité.
« Carnot. »
Malgré les injonctions réitérées que contient cette lettre, Jourdan, arrivé devant Francfort, accorda une suspension d'armes de deux jours, que le Directoire désapprouva : encore une faute sur laquelle le général semble passer condamnation.
Écoutons l'archiduc Charles : « Accorder du temps à un ennemi qui est sur la défensive, en retraite, et qu'on a tourné, c'est lui fournir gratuitement l'occasion de saisir l'avantage qu'il n'aurait recouvré qu'avec peine, et peut-être jamais... Le général Wartensleben profita de l'armistice pour gagner Wïirlzbourg sans être inquiété. »
«Au lieu de réparer cette erreur, » continue le prince