‹ Mémoires sur CarnotChapitre 30 sur 235 · HOC II K DANS LA YKNDÉK · texte numérisé non relu

HOC II K DANS LA YKNDÉK

poinl tolérer le pillage. — Il eût été à désirer qu'on n'eut pas erié sans cesse contre les prêtres : la niasse d<*s campagnes les vent; les ôter tons, c'est vouloir éterniser la guerre. — Si I on n'admet la tolérance religieuse, il faut renoncer à la |>aix dans ces contrées. — Qu'on oublie une fois les prêtres, et il n'y aura plus ni prêtres ni guerre. Qu'on les poursuive collectivement, et l'on aura la guerre et des prêtres pendant mille ans. Quand un prêtre commet un délit, si on le punit comme prêtre, on révolte l'habitant; si on le punit comme homme, comme citoyen, personne ne dit mot. »

Au lieu de s'obstiner à ne finir la guerre que par l'extermination , Hoche favorise volontiers la fuite des chefs vendéens à l'étranger: il offrit même cette facilité à Charette, errant sans soldats et sans asile.

La première réquisition militaire avait donné le signal du soulèvement ; un grand moyen de l'apaiser fut de dispenser les jeunes gens du service : quelquefois ils vinrent d eux-mêmes dénoncer des dépôts d'armes.

Hoche avait d'autres qualités que celles du soldai : il était habile en négociations politiques et en négocialions personnelles; les séductions de sa parole et même celles de son extérieur ne furent ni inutiles ni négligées par lui dans l'occasion, et il fit, assure-t-on, des conversions à la République parmi les dames vendéennes.

Au bout de huit mois, Car no t, président du Directoire, eut le bonheur d'annoncer dans un message au Corps législatif la fin de la guerre qui avait désolé nos provinces de l'Ouest : « 11 est impossible, » dit-il, « de vous faire connaître par le détail combien est grande la reconnaissance que la patrie doit à l'armée des cèles de l'Océan el au brave général dont elle a si bien secondé les talents. La misère de celle armée élail profonde, el sa

SO MÉMOIRKS SUK CARNOT.

gloire, pour ainsi dire, obscure ; car, pour ne pas faire triompher nos ennemis extérieurs et intérieurs, le général osait à peine publier ses victoires, et les traits innombrables d'héroïsme qui l'ont distinguée, puisqu'ils étaient en même temps la preuve de la grandeur du mal qui nous dévorait. »

Quelques jours plus tard, il écrivit au général Hoche : « Le Directoire aime à reconnaître et publier votre ouvrage. Vous avez tour à tour conquis et pacifié ces malheureuses contrées : il serait difficile de déterminer auquel de ces deux titres vous avez acquis plus de droits à l'estime et à la reconnaissance de vos concitoyens. »

Puis on procède aux récompenses décernées par la République au général en chef et à ses principaux officiers. Ce ne sont pas des titres, des dotations ni des décorations qu'on leur offre ; ce sont des chevaux de . bataille, des carabines, des pistolets ou des sabres de la manufacture de Versailles.

A peine Hoche eut-il terminé ce noble ouvrage, que son esprit infatigable chercha quelque nouveau servie*; à rendre à la cause de la Révolution. Témoin indigné des clfets de l'intervention anglaise dans nos guerres civiles, il se sentit animé du désir de porter la vengeance sur le sol même de l'Angleterre, et de faire servir cette vengeance à délivrer l'Europe du despotisme maritime.

Plusieurs fois, au Comité de salut public, on avait fait des plans de descente en Angleterre; mais la présence à Paris d'un homme dont le nom mérite une belle place dans le martyrologe de la liberté changea le caractère de l'expédition projetée.

L'Irlandais WolfeTone, avocat distingué, avait débuté par des écrits polémiques en faveur de la tolérance religieuse. Promoteur ardent des idées delà révolution fran-

Page 1