EXPÉDITION D'IRLANDE
çaisc dans son pays, il devint l'un des fondateurs de l'Association des Irlandais unix, où s' effaçaient toutes les distinctions de partis : les orateurs de cette association se proclamaient citoyens du monde; et, sous leur influence, l'Irlande cessa de solliciter des réformes locales, des adoucissements aux mesures d'intolérance et de fiscalité qui pesaient sur elle, pour rêver une complète autonomie nationale. Wolfe Tone fut chargé de porter au gouvernement français une adresse de ses compatriotes; dans un voyage aux Etats-Unis, il la remit à notre ambassadeur. C'était M. Adet, ancien employé du Comité de salut public. Celui-ci, très-frappé par la conversation du jeune révolutionnaire irlandais, lui donna pour Carnot des lettres avec lesquelles il se rendit à Paris. Il y fut reçu par le Directoire ; Ca mot le mit en rapport avec le général Hoche, chef désigné de l'entreprise que Ton méditait, et le plaça dans l'armée française comme chef de brigade, sous le nom de James Smith, que Wolfe Tone avait pris pour échapper aux croiseurs anglais, et qu'il conserva pour éviter des |>ersécutions à sa famille en Irlande.
Wolfe Tone était un patriote, et non pas un rebelle, comme ceux que l'Angleterre avait soutenus dans la Vendée; c'était le représentant d'un peuple opprimé, demandant la protection d'un peuple ami pour constituer son indépendance.
Carnot rédigea le plan d'expédition et en fit les préparatifs avec Hoche et le ministre de la marine Truguet. Les révélations de Duverne nous font savoir que le secret de ces préparatifs fut livré aux agents royalistes par un employé au dépôt des cartes. Cependant les Anglais ne durent pas être très-bien servis, puisque leur défense se porta sur des points que l'on ne songeait pas à attaquer.