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82 MÉMOIHES SUR GARROT.
Quinze mille hommes, avec des armes |K>ur quarante mille Irlandais, furent embarqués sur une flotte commandée par l'amiral Morard de Galles : dix-sept vaisseaux de ligne, treize frégates et des bâtiments de charge. On profila d'une épaisse brume pour sortir du port de Brest, devant lequel croisaient les Anglais. Malheureusement l'ouragan succéda à la brume et déconcerta l'entreprise. L'amiral et le général en chef montaient la même frégate : la Fraternité. Ce bâtiment fut séparé des autres par un coup de vent; de sorte que, quand les divisions navales pénétrèrent dans la baie de Bantry, où l'on s'était donné rendez-vous, l'armée n'avait point de chef. Le général Grouehy, qui commandait six mille hommes, était d'avis du débarquement quand même; et Wolfe Tone demandait à se jeter dans l'intérieur du pays avec une légion de volontaires pour tenter un soulèvement. Mais le temps s'opjiosa à tous les projets, l'orage dispersa les navires; ils avaient quitté le rivage d'Irlande lorsque les deux chefs de l'armée y arrivèrent sans soldats.
« Cette expédition, » dit Toulongeon, a réussit dans tout ce qui semblait le plus difficile; elle n'échoua que par des contre-temps invraisemblables et que la prudence humaine ne devait pas prévoir. » Sir Francis Burdett déclara plus tard à la Chambre des communes que, sans ces accidents, l'Irlande était perdue pour l'Angleterre.
Une nouvelle tentative fut faite l'année suivante, mais avec peu de forces : le général Humberl n'avait guère plus de mille hommes de débarquement, réduits bientôt à huit cents, qui firent des prodiges de valeur, et ne cédèrent que devant une armée trente fois plus considérable. Wolfe Tone avait déconseillé cette expédition comme insuffisante, intempestive, et ne pouvant