‹ Mémoires sur CarnotChapitre 52 sur 235 · DISPOSITIONS PACIFIQUES · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS PACIFIQUES

versât ions infimes, ajoute la personne qui nous fournil ces noies; mais son frère Feulins faisait la môme propagande auprès des députés qu'il supposait animés d'un esprit différent.

Ces idées trouvaient beaucoup d'opposition, même chez les amis de Carnot. Celui d'entre eux qui les réfutait avec le plus de vivacité élait précisément un étranger; c'était James Monroê, l'ambassadeur américain. Monroê prenait à l'établissement de la République française un intérêt passionné; il voulait qu'elle s'attachât autant à affaiblir ses ennemis qu'à se fortifier elle-même, et qu'au moins elle leur lit payer largement tout ce que lui avaient coûté ses victoires. La France, selon lui, ne devait donc céder aucune de ses conquêtes; clic devait, au contraire, planter partout son drapeau, puisqu'il était celui de la liberté. « La France, disait-il, doit donner le ton dans l'ancien monde, comme nous devons gouverner le nouveau. »

Certes, cette manière d'envisager la question élait pleine de grandeur révolutionnaire; on y reconnaît l'homme d'Étal qui a donné son nom au système favori de la jeune et audacieuse Amérique1,

1 Monroe, très-affectionné à la France, avait stipulé avec elle les conditions les plus cordiales au nom de son pays; et quand le gouvernement des États-Unis conclut, sans le prévenir, un traité d'amitié et de commerce avec l'Angleterre, il en témoigna loyalement sa désapprobation, ce nui provoqua son rappel. Devenu plus lard ministre d'État, puis président de I Union, Monroê a glorieusement inscrit son nom dans cette dynastie d'hommes vertueux et sages qui ont si bien montré la supériorité du régime républicain sur le monarchique. Il mourut en laissant des dettes contractées au service de la patrie, et dont celle-ci accepta le noble héritage. Et, comme si la Providence eût voulu donner à la vie de ce grand citoyen une dernière consécration, la même qu'elle avait donnée à celles de John Adains et de Jefferson, elle en fixa le terme au jour anniversaire de la déc laration de l'indépendance américaine.

Mais Carnot, chargé du salut de son pays, se sentait d'autres devoirs à remplir : la marche qu'il adopta, plus circonspecte, avait surtout pour but de consolider les progrès acquis par la Révolution. Ce caractère ressort de la lettre suivante, écrite, il faut bien le dire, sous l'impression du malheureux échec éprouvé par Jourdan en Allemagne.

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