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NÉGOCIATIONS AVEC L'ANGLETERRE

Nous savons nVjà, par Garnot lui-môme, quelle lut son influence sur ces divers traités.

Lorsque l'Angleterre vit se ratifier successivement des accords particuliers qui pouvaient la laisser seule en présence de la République, elle témoigna le désir d'entrer à son tour en pourparlers : le ministère anglais se croyait obligé de donner un semblant de satisfaction à l'opposition que les vœux du pays commençaient à appuyer avec une certaine force. Mais, au lieu de négocier séparément, il mit en avant l'idée d'un congrès : il cherchait à grouper les intérêts, afin de se présenter comme leur champion, avec l'espoir de trouver dans ce groupement les éléments d'une coalition nouvelle. Tel est le rôle que jouait son représentant à Paris, lord Malmesbury. Singulier plénipotentiaire ! quand on le pressait de s'expliquer, il ne se trouvait jamais sullisamment autorisé pour résoudre les questions; il avait besoin d'envoyer des courriers à son gouvernement; d'autres lois il laissait entrevoir des exigences auxquelles le Directoire ne pouvait se prêter. Impatienté de ces longueurs, celui-ci requit un ultimatum, avec invitation au diplomate d'y répondre ou de prendre ses passeports. La présence du lord anglais était d'ailleurs si bien regardée comme une comédie que les préparatifs de l'expédition d'Irlande, confiée au général Hoche, n'avaient point discontinué, et avec une telle publicité que le roi (ieorges, dans une communication officielle, en entretint son parlement : cette expédition se mit en route avant la rupture des conférences.

C'est seulement quand les préliminaires signés à Léoben vinrent menacer l'Angleterre d'un isolement complet, quelle parut songer sérieusement à traiter ; elle renvoya en France le même agent, que le gouvernement di-

rectorial accepta, en déclarant qu'un nuire choix lui eut semblé de meilleur augure. Celle fois les négociations s ouvri rent à Lille, et l'influence deCarnot fit choisir, pour représenter la France, Le Tourneur que le sort venait de congédier de la magistrature suprême. On lui donna, pour tenir lele au diplomate anglais, un auxiliaire plus versé dans les secrets du métier, Maret.

Le traité de Léoben était le fruit des victoires remportées par l'armée d'Italie. Bonaparte s'avançait en Autriche, offrant à chaque pas la branche d'olivier à son adversaire. Le H germinal (7A mars), le lendemain d'un succès signalé, il adressa de Clagenfurlh au prince Charles un fort beau manifeste que l'histoire a recueilli, et qui commence par ces mots : « Les braves militaires font la guerre cl désirent la paix ».

Ce manifeste fut rédigé sous l'inspiration d'une lettre (pie le Directoire avait écrite près de trois mois auparavant à l'empereur lui-même; lettre de Carnot, quoiqu'on l'ait imprimée avec la signature de Barras dans la Corretpondaiice inédite de Napoléon (collection Panckoncke). Nous en possédons la minute relie porte quelques surcharges et ratures de la même main, mais d'une encre dillérenle, faites probablement au Directoire, par suite de sa lecture en conseil :

« Le Directoire exécutif de la Bépublique française à S. M. l'Empereur et Boi.

« Le Directoire exécutif ne saurait présumer que Votre Majesté voie avec indifférence les maux qui affligent l'Europe; il se persuade qu'elle ne refusera pas l'espoir qu'il conçoit et qu'il lui offre de mettre enfin un terme aux calamités d une guerre longue et désastreuse.

« Si Votre Majesté considère quels ont été les résul-

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