LE DIRECTOIRE A L'EMPEREUR
tats des campagnes précédentes, et, si elle envisage dans l'avenir les suites probables d'une campagne nouvelle, elle sera portée à conclure que, dans la supposition la plus favorable pour elle, les succès seraient au moins balancés; et qu'après beaucoup de vicissitudes et d alternatives, d'avantages et do revers, l'état des choses ne serait pas plus décidé qu'en ce moment, puisque la situation respective des deux puissances, à quelques changements près peut-être dans les limites du théâtre de la guerre, se retrouverait vraisemblablement peu différente de ce qu'elle est aujourd'hui. Le sang des hommes versé de nouveau, et l'épuisement des ressources seraient donc le seul fruit qu'elle pourrait recueillir de sa tentative.
« Nous ne parlons point de l'influence que pourraient avoir les alliés sur le résultat de cette campagne : Votre Majesté sait que la République en a acquis de trèspuissants, tandis que la plupart de ceux qui étaient engagés dans la Confédération armée contre elle, ont embrassé l'heureux et sage parti delà neutralité.
« Le moment est venu où il ne peut y avoir aucun intérêt réel à courir de nouvelles ehances, où une rixe fatale plus longtemps prolongée serait sans objet, où, quels que puissent être les griefs réciproques et la diversité des principes politiques des deux gouvernements, leurs intérêts coïncident en ce point, que tout les presse de se rapprocher pour le soulagement des peuples et le retour de la paix.
« Le Directoire exécutif propose donc à Votre Majesté celte paix nécessaire; il l'invite à accélérer de tous ses moyens une époque si désirée et si importante pour l'humanité entière.
« Cependant le Directoire sent qu'une paix solide et
convenable aux deux puissances doit être le produit d'une négociation faite avec maturité, et qui pourrait entraîner des lenteurs, puisque la loyauté exige que, de part et d'autre, les puissances alliées soient engagées à y intervenir, et que leurs intérêts respectifs soient stipulés, si elles le désirent1.
« Mais faudra-t-il, pendant cet intervalle, que le sang continue à couler? et s'il est possible d'en arrêter l'effusion, ne devons-nous pas croire que Votre Majesté s'empressera d'en adopter le moyen, surtout s'il peut être admis par les deux parties belligérantes, sans nuire aux intérêts ni même aux prétentions d'aucune?
« Ce moyen existe, c'est celui d'un statu quo, ou d'un armistice général.
« Cet armistice est d'autant plus nécessaire que, indépendamment de ce qu'il fait cesser des hostilités inutiles, et diminue l'exaspération réciproque en portant l'espoir dans les cœurs, il réunit l'avantage de faciliter et de bâter les conclusions de la paix, par la suppression des hasards et des événements qui, tanlot favorables et tantôt contraires, haussent alternativement les prétentions des puissances contractantes, font varier sans cesse la négociation et en éloignent le résultat.
« Les deux propositions que le Directoire exécutif fait à Votre Majesté sont donc celles-ci :
' Ce paragraphe se trouve ravé sur la minute et remplacé par celui-ci :
• Déjà des ouvertures pour nue paix particulière vous ont été faites,
• ainsi qu'il en avait été usé envrrs plusieurs autres puissances de la Confé-
• dération qui ont conclu leurs traités partiels; mais Votre Majesté parait < ne vouloir traiter que de concert avec celles qui sont encore en guerre; « contre la République.
• Cependant une paix négociée de cette manière peut entraîner des len- ■ leur»; faudra-t-il. etc.. h