ORGANISATION ADMINISTRATIVE
Ne nous pressons pas de raconter ces funestes divisions : nous ne serons que trop obligés d'y revenir. Jetons plus volontiers un regard sur la première période du régime directorial, qui fut signalée par de nobles efforts couronne^ de succès, période qui s'étend jusqu'au 18 fructidor, et que madame de Staël n'hésite point à définir : « Les vingt mois pendant lesquels la République a existé en France*. »« Les directeurs, ditelle, entrèrent au palais du Luxembourg, qui leur était destiné, sans y trouver une table pour écrire, et l'État n'était \ms plus en ordre que le palais. » Puis elle ajoute : « En six mois le Directoire releva la France de cette déplorable situation. »
Carnot dit de son coté : « Les commencements de l'administration du Directoire furent d'une difficulté extrême; cependant le zèle, le bonheur, le concours des autorités, que le danger commun réunissait alors, rétablirent en peu de temps la confiance. »
Le sentiment des nécessités publiques avait donc produit une seconde fois ce phénomène : l'union des contraires. Comme au Comité de salut public, des hommes très-antipathiques les uns aux autres trouvèrent la force de marcher d'accord; et cela au milieu de la guerre des partis, tracassés par les ambitions déçues, n'ayant qu'un pouvoir fractionné et empêtré par les pointilleuses prévoyances d'une Constitution écrite à la loupe.
Avant de faire fonctionner la machine administrative, il fallait l'organiser; ce fut le premier soin du Directoire.
Aux termes de la Constitution, il pouvait former huit ministères ; il en forma six d'abord (minimum fixé par
« Considérations sur la Héivlulion française.