‹ Mémoires sur CarnotChapitre 88 sur 235 · RANCUNE DE BONAPARTE · texte numérisé non relu

RANCUNE DE BONAPARTE

division, qu'il n'avait pas régulièrement, et de le placer à la tôle du corps du génie. Derthier accueillit cette pensée avec un empressement que nous remarquâmes et qui lui fait honneur. Le rapport fut rédigé en termes chaleureux, concluants; le ministre y apposa sa signature avec un vrai plaisir et le présenta le jour môme. Nous en attendions merveille. Quel fut notre désappointement lorsqu'à son retour Berthier le jeta sur la table avec dépit et tristesse ! Nous lûmes en marge cette annotation de la main de Bonaparte : « Carnot ne doit être rien dans une république. »

CARNOT AU THIBUNAT

Carnot, en quittant l'administration de la guerre, s'empressa de se rendre avec sa famille à Saint-Omer, chez les parents de sa femme, où il reprit ses habitudes tranquilles et laborieuses. Les services publics ne l'avaient pas d'ailleurs tellement absorbé, qu'il n'eût trouvé moyen, môme pendant son ministère, de donner quelques heures aux sciences. Son ancien examinateur Charles Bossut ayant publié à celle époque une édition de son Court de mathématiques, Carnot lui dit : Si vous m'aviez parlé d'avance de votre projet, je vous aurais soumis quelques idées qui me semblent neuves. » Bossut le pria instamment de prendre la plume. De là un opuscule rédigé très-rapidement sous ce titre : Lettre du citoyen Carnot au citoyen Bossut, contenant

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