‹ Mémoires sur GarrickChapitre 10 sur 148 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

léger de David ne convenait pas au négoce (i). Il revint en Angleterre Fanne'e suivante. Son père le plaça de nouveau chez M. Hunter; et quoique sa vivacité ne lui permît pas de donner à rétude plus d^application que par le passé , il avait 'trop de dispositions naturelles pour ne pas glaner quelques connaissances dans le champ des sciences qui s'ouvrait encore à lui.

En 1 735 , le célèbre Samuel Johnson établit une pension à peu de distance de Lichtfield, sa patrie; et Garrick, alors âgé de dix-huit ans, fut confié à ses soins. Sept à huit jeunes gens furent les seuls compagnons qu'il j trouva. 11 commençait à se livrer à Tétude des auteurs classiques ; mais le maître de pension se dégoûta de son entreprise. La tâche d'inculquer les règles de la grammaire et de

(1) Garrick aimait mieux jouer des scènes que d'écrire les lettres de son oncle et de tenir son registre. Les jeunes Portugais du plus haut rang l'invitaient à souper, le plaçaient sur la table , et lui faisaient reciter de la prose et des vers. On comptait parmi ceux qui goûtaient le plus son talent l'infortuné duc à'^i-'eîro , qui périt en 1768, comme chef d'une conjuration contre les jours de Joseph P*" j roi de Portugal. {Note des éditeurs. )

lîi syntaxe lui parut servile; et las de sa profession , il prit le parti de Tabandonner. (larrick de son côté s^ennuyait de rester dans une ville de province, et désirait se placer sur un théâtre où sfes vues pussent se porter plus loin. Johnson et lui se communiquèrent leurs sentimens et leurs projets, et résolurent de partir ensemble pour la capitale.

Ils consultèrent à ce sujet M. Walmsley, greffier de la cour ecclésiastique de Lichtfield , ami de Johnson , et qui notait pas sans affection pour le jeune Garrick. Walmsley, désirant qu'il achevât son éducation, écrivit une lettre à M. Colson, célèbre mathématicien, qui tenait alors une pension à Rochester , pour le prier de recevoir Garrick au nombre de ses élèves et de lui donner des soins particuliers. « C'est un jeune homme plein de bon )) sens, lui disait-il, assez avancé dans ses hu- )) manités, ayant de bonnes dispositions, et )) qui promet autant qu^aucun jeune homme )) que j'aie jamais connu. )>

Ce fut le 2 mars 1787 que les deux amis partirent de Lichtfield pour aller chercher fortune à Londres. Lichtfield vit sortir de son sein le même jour les deux plus grands génies

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