CHAPITRE I
(le leur siècle, chacun dans leur genre (i). Garrick ne se rendit pourtant pas à Rochester pour entrer dans la pension de M. Colson : il ne quitta point Londres. Il se fit inscrire le 9 du même mois, comme étudiant, à Lincoln^s-Inn (2); mais Tétat de ses finances ne lui permit pas de suivre le barreau.
Vers la fin de la même année, son oncle arriva de Lisbonne , dans Fintention de se fixer à Londres; mais il y fut attaqué d'une maladie qui termina ses jours, peu de temps après son arrivée. Il légua mille livres à son neveu David et cinq cents à chacun de ses frères et sœurs. Garrick se rendit alors à Rochester, et passa quelques mois dans la pen-
(1) Le Johnson dont il est question ici devint ensuite le célèbre docteur Johnson, auteur de l'excellent dictionnaire qui est en Angleterre ce qu'est en France celui de l'Académie, en Italie celui delta Crusca. Il travailla à divers ouvrages périodiques du genre du Spectateur. Ses Vies des Poètes anglais ont une grande réputation , ainsi que son Rasselar, prince d'Abyssinie. On dit qu'il composa ce dernier ouvrage pour se procurer de quoi payer les funérailles de sa mère. H mourut le i5 décembre 1784.
^Note du traducteur.)
(2) L'une des Écoles de droit de Londres.
{Note du traducteur.)
sion de M. Colson. Il y était encore, quand son père, le capitaine Garrick , mourut d'une maladie de langueur : son épouse ne lui survécut pas un an. Ils laissaient trois fils, Pierre, David, George, et trois filles. David prit congé de M. Colson, et retourna dans la capitale. Le sublime de la géométrie nVvait pas d'attraits pour lui; la jurisprudence lui paraissant une étude trop sèche, les épines et les ronces dont cette science est hérissée le détournèrent de reprendre le cours de ses études à Lincoln VInn. L'art dramatique était sa passion dominante.
Pierre, son frère aîné, avait entrepris le commerce de vin à Londres, et David en i 788 lui proposa de s'associer avec lui. Samuel Foote (1) avait coutume de dire « qu'il se sou-
(1) Acteur et auteur. Ses pièces, dans quelques-unes desquelles il remplissait seul differens personnages , eurent un grand SQCcès ; mais elles ne sont pas restées au théâtre , parce qu'une grande partie de leur mérite consistait en traits de satire personnelle , et surtout dans la manière dont il imitait le ton ,^la voix , et le maintien des personnes connues qu'il exposait à la risée du public. Il mourut à Douvres en 1777, comme il allait passer en France pour sa santé. ( Noie du traducteur. )