CHAPITRE I
service avec la pension de demi-paie. 11 continua de demeurer à Lichtfield, proportionnant ses de'penses à la modicité de son revenu. Pierre Garrick e'ieva son fils David avec le plus tendre soin, et le mit, à IVige de dix ans , dans une pension tenue par un M. Hunter, homme assez bizarre, dit-on, moitié pédant, moitié chasseur. Son jeune élève ne fît pas de grands progrès dans ses études : vif, enjoué, léger, il ne songeait qu^i jouer tous les tours d\m écolier; et donner à quelque chose une attention sérieuse lui paraissait insupportable.
Ses talens pour le théâtre sVnnoncèrent de bonne heure. Les comédiens ambulans qui séjournèrent de temps en temps à Lichtfîeid renflammèrent d\m amour précoce pour leur art : il désira bientôt mettre lui-même en pratique cet art devenu Fobjet de son admiration. Il engagea donc plusieurs de ses jeunes camarades à apprendre les rôles d\ine comédie , et sVrigea lui-même en directeur de cette petite troupe. V Officier recruteur (i)
(i) Une (les ineilleiires comédies du théâtre anglais , par
était sa pièce favorite, et fut celle dont il fit choix. Ayant exerce ses jeunes acteurs par de fréquentes répétitions , il donna cette première représentation en 1727, devant une société choisie. Garrick n'avait alors qu'onze ans : il s'était chargé du rôle du sergent Kite , et Ton assure qu'il s'en tira très-bien. Il préludait de bonne heure à la réputation qu'il devait se faire un jour : on eût pu dire qu'il serait le Roscius du théâtre anglais.
En 172g ou en 1730, notre jeune acteur fut envoyé chez son oncle, qui faisait avec succès le commerce de vin à Lisbonne; mais l'esprit
FarquJiar ^ jouée pour la première fois à Drury-lane en 1706. Quand Farquhar composa cette pièce, il était luimême officier recruteur, et l'on prétend qu'il s'y est peint d'après nature. Un jour que Quin jouait , dans cette pièce, le rôle du juge Balance ^ ayant probablement bu plus que de raison, il fit une singulière bévue dans une scène avec mistriss Woffington , qui jouait le rôle de la fille du juge : « Sylvia , lui dit-il, quel âge aviez-vous quand votre mère » se maria? » L'actrice resta muette , inteidite. « Je vous » demande , répéta-t-il , quel âge vous aviez quand votre » mère naquit? — Je regrette de ne pouvoir répon- » dre à celte question, répliqua l'actrice j mais je puis » vous dire , si vous le désirez , quel âge j'avais quand elle » mourut, -u {Note du traducteur.)