‹ Mémoires sur GarrickChapitre 101 sur 148 · CHAPITRE XIIÎ. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIIÎ. l

du Tancien ordre de choses pendant les représentations de sa pièce. Il eut sujet de sVn repentir, car la prédiction de Garrick se vérifia complètement ; et pendant les dix ou onze représentations qu'obtint cette pièce, le parterre ne fut jamais qu^à moitié rempli, et les galeries restèrent vides.

Dans le mois dVvril suivant, Garrick fit jouer entre les deux pièces son intermède intitulé les Voyages de Linco. L^idée en est assez heureuse. Linco, après un long voyage en Europe , est de retour en Arcadie , et fait gaiement à sa famille le tableau des mœurs de la France, de Tltalie, de FAllemagne, et surtout de FAngleterre. King obtint le plus grand succès dans ce rôle.

Mistriss Harris et Rutherford ayant acheté la direction du théâtre de Covent-Garden , et désirant se fortifier, proposèrent à mistriss Colman et à Powell d^y prendre part pour moitié. Ils y consentirent, et tous quatre déterminèrent M. et mistriss Yates à abandonner les bannières de Drury-lane. Cette désertion n'effraya point Garrick. Il fit des recrues de son côté en engageant Barry, mistriss Danccr, et bientôt après mistriss Barry, qui

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étaient alors à Dublin. Barry reparut , en octobre, par son rôle favori d'0^/ie//o. Il fut couvert d^applaudissemens. Mistriss Barry ( car cVst ainsi que je Fappellerai toujours ) fit son début dans la tragédie presque oubliée de Douglas qu'on avait jouée à Covent-Garden quelques années auparavant ^ par le rôle de ladf Randolph que personne ne joua jamais comme elle, jusqu'à mistriss Siddons.

Le génie fertile de Garrick ne se reposait jamais. Il donna cette même année une petite pièce intitulée Un Coup-d^œil derrière le rideau. C'est une répétition en forme. Glib^auteur di Orphée y opéra burlesque, invite ses amis à la répétition de sa pièce, et ce sont de prétendus connaisseurs et des virtuoses ridicules. M. King eut le plus grand succès dans le rôle du poëte , et cette pièce obtint un grand nombre de représentations (i).

(i) Voici une anecdote que nous puisons dans la Biom'aphie dramatique , ouvrage dont nous avons déjà parlé.

u En 1766, M. Bar thelemon avait composé la musique lie Pclopida, drame sérieux italien , qui eut le plus grand succès à rOpéra. Garrick alla le voir un matin, cl lui dcsnanda s il pourrait coiîiposer de la musique siudes paroles anglaises- Baithelrmoii lui répondit qn il cro\ait le pou-

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