‹ Mémoires sur GarrickChapitre 115 sur 148 · CHAPITRE XV. 2l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. 2l

Pavait dit à Voltaire , qifil désirait qu'ails vinssent le voir comme simple particulier ; au contraire , Shakespeare et la poésie dramatique étaient ses sujets de conversation favoris.

Il aspirait à voir le théâtre dans un état florissant. Après Fouverture dei spectacles, il revint à Londres, dans sa maison d^Adelphi, et on le voyait fréquemment dans les loges. Sa plume était toujours au service de ses amis. Il composa Pépilogue de la comédie intitulée Sachez ce que vous voulez (i) , qui fut jouée à Covent-Garden en février 1777. On y donna V Ecole de la Médisance (2) , au commencement de mai suivant, et Garrick se mit encore à Fouvrage pour faire le prologue de cette excellente pièce. M. Shéridan désirait avoir Fopinion d^un si bon juge sur sa comédie: Garrick la lut avec grande attention , et en parla dans toutes les sociétés avec

(1) Pièce de M. Muipliy ; c'est une imita tioii de V Irrésolu de Deslouches sans en être une copie scrvile.

{Note (lu traducteur.)

(2) M Cliëron , frère du conninssairc du roi au théâtre français , a fait jouer à la comédie française une imitation de la pièce de Shéridan, sous le nom du Tartufe de Mœurs. Cet ouvrage a réussi. {/Vote des éditeurs.)

2l4 VIE DE GARRICK.

enthousiasme. Il assista à toutes les répétitions , et dans aucune occasion on ne Favait vu prendre plus de soins pour faire réussir une nouvelle pièce. Il était fier du nouveau directeur , et ratait avec un air de triomphe qu'il s'applaudissait d'avoir remis la conduite de son théâtre entre les mains d'un pareil successeur. Un jour qu'il donnait de grands éloges à la comédie de Shéridan , quelqu'un lui dit : (( Au bout du compte , M. Garrick , » ce n'est qu'une pièce; et à la longue, ce )> sera un bien faible appui pour le théâtre. » l'Atlas qui le soutenait , l'a abandonné. — n Le croyez-vous? répondit Garrick; en ce » cas , il a trouvé comme l'autre , un Hercule )) pour le remplacer. )> Il avait conçu l'augure le plus favorable d'un génie qui débutait d'une manière si brillante. Il est à regretter que ses pressentimens ne se soient pas vérifiés. Quelques autres productions semblables l'auraient fait surnommer le Congreçe moderne. Mais il était au-dessous de lui de traduire et de retoucher un misérable drame tel que Pizarre (i) , qui , au lieu d'offrir de

(i) L'intérêt qu'on trouve dans cette pièce , la musique >

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