CHAPITRE XV. 2l
Funite dans le dessein et des incidens ordonnés avec art et bien liés ensemble , renferme trois actions bien distinctes et pourrait se nommer une nichée de pièces. Il est fi\cheux que M. Shéridan n^ait pas consacré son temps aux Muses ; mais ses talens n^ont pas été pour cela perdus pour son pays , ils n'ont fait que couler dans un autre canal.
Pendant le reste de Tannée 1777 , Garrick continua à jouir d'une assez bonne santé, et à recevoir ses amis à sa maison de campagne. Les vers dans lesquels Horace décrit un athlète qui a consacré ses armes à Hercule , et qui s'est retiré à sa campagne, pour ne plus paraître dans les jeux du cirque, lui parurent applicables à sa situation.
.... Rejanius , aiiiiis Herculis ad postem fixis, lalet abditus agro, Ne popvilum exlremà loties exoret arenâ.
Il avait dessein de le faire graver , et de le suspendre à un arbre dans son jardin. Nous
\q spectacle en ont pourtant assuré le succès ; elle s'est maintenue sur le répeitoire , et a eu plus de trente édilions. [Noie du traducteur.)
ne nous rappelons pas s^iî exécuta ce projeta LVnnée 1778 ne fut pas pour lui , comme la précédente , un cours non interrompu de plaisirs et de bonheur social ; ses souffrances augmentaient , et les accès en devenaien^t plus frëquens et plus douloureux. Son courage ne Fabandonna pourtant pas : il cherchait même à cacher ses maux sous un air de gaieté. La maladie minait sa constitution, tandis qu^il semblait encore jouir des douceurs de la société. Jamais il ne cessa de prendre intérêt au théâtre ; jusquVu dernier moment, il continua à donner des avis à diffërens auteurs. M. Jesse Foot fut un de ceuxlà : il avait écrit à Garrick pour le prier de lire une tragédie qu^il avait composée , et qui n'*a jamais été représentée , quoique plusieurs critiques en état d''en juger en aient fait reloge. Garrick lui répondit qu^il la lirait avec plaisir ; mais il le pria de n^en parler à personne , parce qu^il avait été obligé de refuser pareille demande même à des amis. Sa lettre est datée du 22 décembre 1778 , et nous croyons que ce fut la dernière qu^il écrivit.
Il avait été invité à passer les fêtes de Noël à Altrop-Park, comté de Northampton , chez