‹ Mémoires sur GarrickChapitre 129 sur 148 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Lorsqu'à vec le temps, les succès qu'il obtint Fcurent mis dans un ëtat d'opulence, ils reconnurent leur erreur, mais ils ne voulurent pas se rétracter. Aussitôt que les circonstances le lui permirent, il se distingua par sa munificence, aussi bien que par son empressement hospitalier. Sa bourse était ouverte

bureau du satirique : « Ne craignez-vous pas de me placer » si près de volrc argent et de vos billets de banque? lui » demanda-t-il. — Non, répondit Foote , vous êtes sans » mains. »

Le même Foolc disait souvent que , lorsque Garrick quitterait le théâtre , il se ferait commis de quelque banquier , pour avoir le plaisir de compter de l'argent du matin au soir.

Cooke , acteur qui a laissé des Mémoires de sa vie, tout en défendant Garrick du reproche d'avarice qu'il prétend mal fondé , cite deux traits qui lui avaient été rapportés par Macklin.

Dans le temps que Garrick et Macklin étaient liés ensemble , ils allaient souvent se promener à cheval hors de Londres. Lorsqu'ils rencontraient une barrière , et qu'il y avait un droit de péage à acquitter , Garrick n'avait jamais de monnaie , de sorte que sou compagnon était toujours obligé de payer pour deux. Macklin , ennuyé de voir que le tour de Garrick ne venait jamais , lui dit un jour : « Savez- -» vous que vous êtes mon débiteur? — Moi! dit Garrick, )) et comment cela ? » Alors Macklin tira de sa poche un long mémoire sur lequel il avait porté , jour par jour et

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à ses amis, et quand il leur prêtait de Fargenl, il n'examinait pas s^il y avait quelque appa-

sommç par somme, tous les droits de péage qu'il avait payés pour Garrick , et dont le total s'élevait à trente ou quarante schellings. « Il voulut tourner la chose en plai- » santerie , disait Macldin en racontant cette anecdote; » mais je tins bon ; il fallut qu'il me remboursât ; et depuis » ce temps , il ne fut jamais sans monnaie, w

S'il faut en croire le même Macldin , il djnait un jour chez Garrick avec Fielding , mistris&Cibber , Havard , etc. Les convives, suivant l'usage, firent leur offrande en partant au domestique de la maison ; mais ce que lui donna Fielding était enveloppé soigneusement dans un morceau de papier. Quand ils furent tous partis , Garrick demanda à son domestique , bon Irlandais nommé David , s'il avait fait une bonne journée? « Oui , Monsieur, répondit David ; » une demi-couronne de mistriss Cibber, deux schellings » de M. Havard , un de M. Macklin , etc. , et ce que m'u V donné le poète vaut sans doute encore mieux ; que Dieu » le bénisse! w En parlant ainsi , il développait le papier pour voir le trésor qu'il y croyait renfermé ; mais , à sa grande surprise , il n'y trouva qu'un sou. Quelques jours après, Garrick s'étant rencontré avec Fielding, lui remontra qu'il éfait dur de plaisanter ainsi avec un domestique. « Plaisanter ! dit Fielding en jouant l'étonnement; je n'en » ai pas eu le moindre dessein. Je voulais rendre service » au pauvre diable : je savais que , si je lui avais donné w une demi-couronne ou un schelling , vous le lui auriez '>i pris; et j'ai pensé qu'en ne lui donnant qu'un sou, il )) avait quelque chance de le garder. »

{Noie du traducteur. )

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