‹ Mémoires sur GarrickChapitre 131 sur 148 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

» de me raconter? lui dit -il; s^il ne faut >* que cinq mille livres pour vous tirer d'afi> faire, je les ai à votre service, m Je tiens ce trait de M. Christie lui-même, et la reconnaissance qu^il en conserve nV'tonnera personne.

Le mérite indigent e'tait toujours sûr de trouver un bienfaiteur dans Garrick. Le docteur Johnson avait coutume, quand il apprenait qu'une famille respectable était dans le besoin , de liiire une collecte à son profit parmi ses amis et ses connaissances ; il a dit souvent qu'il recevait de Garrick, en ces occasions, plus que de qui que ce fût, et toujours plus qu'il ne s'y attendait. Il est inutile d'ajouter qu'il était bon frère et le meilleur des maris.

Une passion qui avait pris sur lui un entier

» tous les pauvres 11e regrettent pas un véritable ami, un w père affectionné. Quelques années avant sa mort, il y » avait établi une petite fêle pour les enfans du village. Le î) i'^'^ de mai, il les faisait venir dans son jardin , et leur » distribuait des gâteaux et de l'argent. Des méchans » ont dit que sa charité n'était qu'ostentation. Mais l'osî) tentation n'est pas avarice 5 et si c'était ostentation , plût î> au ciel qu'il eût un plus grand nombre d'imitateurs ! »

{Note du traducteur.)

25o TIE DE GARRICK.

ascendant, cVtait une soif insatiable de renommée. Il prétait Foreille à des bavards insidieux, à des rapporteurs malveillans, ce qui produisait quelquefois dVtranges révolutions dans son caractère. On aurait pu nommer cette faiblesse une avarice de renommée, mais estait la seule qu'il connût; prœter laudern y nullius warus.

A toutes ses qualités aimables, il joignait celles que Cicéron appelle virtutes leniores. Une conversation raisonnable et libérale faisait ses délices. La littérature et la poésie dramatique étaient ses sujets favoris; il aimait à se livrer à la gaieté, mais il la retenait toujonrs dans les bornes du décorum. Il avait de Fesprit sans sarcasme et sans méchanceté ; de la science , sans orgueil et sans pédanterie. Il maniait parfaitement le ridicule, mais sans y mêler de personnalité. Toujours vif, ingénieux , agréable , il savait amuser une société sans ostentation , et sans affecter un air de supériorité.

11 évitait les discussions politiques. Si Ton sY livrait dans une maison où il se trouvait, il écoutait avec politesse, mais ne parlait qu'avec beaucoup de réserve. Fidèle au roi

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