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gement à Covent-Garden. Grand eftbrt, en vérité ! Comme si les talens de cette actrice n'avaient pas suffi pour lui en procurer un quand elle Faurait voulu! La conduite de Garrick dans toute cette affaire fut d'abord inspirée par l'ambition et la duplicité; il y mit le sceau par un acte de bassesse et de trahison qui imprimera sur sa mémoire une tache indélébile, tandis que la postérité rendra justice à la droiture et à la candeur de Macklin (i).
(i) D'après cette relation, tous les torts paraissent être du côté de Garrick. Si au contraire on s'en rapporte à celle qu'on trouve dans les Mémoires de Garrick, publiés par Murphy, tous les reproches doivent tomber sur Macklin. Nous croyons donc devoir ajouter ici ce que dit à ce sujet un auteur qui a gardé l'anonyme, mais qui paraît impartial.
(c La révolte des acteurs de Drury-lane en i743, révolte occasionée par l'inconduite du directeur Fleetwood , est trop connue pour qu'il soit besoin d'en établir ici les faits. Les obligations qu'avaient contractées Garrick et Macklin , chefs des scissionnaires , étaient certainement de se soutenir l'un l'autre, jusqu'à ce que le directeur eût fait droit à leurs demandes. Mais lorsqu'une députation des acteurs se fut présentée devant le duc de Grafton pour lui exposer leurs griefs et en solliciter la permission d'ouvrir un autre spectacle , le duc , s'adressant à l'un d'eux (à Garrick, je crois) , lui demanda quel était le montant de ses appointemens annuels? — « Cinq » cents livres , » lui répondit-il. — « Et vous trouvez que » c'est trop peu , » répliqua le duc , « quand mon fils ,
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Le public fut tellement indigné de la manière dont Garrick avait agi en cette occa-
V héritier de mon titre et de mes domaines , risque tous » les jours sa vie en servant son roi et son pays, pour » moitié moins ! » Et il leur tourna le dos. Garrick, désespérant alors d'obtenir la permission désirée , et voyant que cette scission pouvait avoir des suites fâcheuses tant pour lui que pour les autres acteurs, entra en arrangement avec le directeur ; les autres acteurs en firent autant. Macklin seul;, de même que Shylock dans le Marchand de Venise , insista sur l'exécution littérale de l'écrit qui avait été signé , et se plaignit hautement de la violation de cette convention.
y> Si cette question était à décider dans la cour de Minos , on ne peut guère douter que le jugement ne fût favorable à Macklin. Mais il arrive quelquefois, lorsqu'on a arrêté certaines conventions , qu'il survient des circonstances qui i;i'ont pu être prévues dans l'origine , et qui , si elles n'en justifient pas entièrement la violation, suffisent du moins pour l'excuser. Or, c'est ce qui eut lieu dans l'affaire dont il s'agit. Le but des acteurs, en formant leur confédération, avait été d'obtenir le droit d'ouvrir un autre théâtre , et ils n'avaient pu y parvenir. En persistant dans cette scission , Garrick courait le risque de nuire considérablement à sa fortune et à sa réputation , qui augmentait tous les jours , et la plupart des autres acteurs auraient été complètement ruinés. La prudence exigeait donc une conciliation , et l'obstination d'un seul homme ne devait pas faire courir aux autres le risque de se trouver sans pain.
« Mais Macklin n'envisageait pas une tempête avec la crainte qu'elle inspire aux hommes ordinaires. Il avait été actif dans cette révolte ; le directeur le regardait comme un chef de parti , et Macklin n'en désavoua pas le caractère. Il organisa une cabale contre le directeur et contre
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:sîon , que , lorsqu''il reparut sur le théâtre de Drury-lane , par le rôle de Bafes dans la Répétition ^ il fut reçu par le public avec le mépris le plus ignominieux. Les coups de sifflet et les cris : a A bas ! à bas ! » retentirent dans toutes les parties de la salle, et cet homme perfide aurait été forcé de se retirer du théâtre , si le directeur n^eût appelé à son aide une cohorte de gladiateurs qui, distribués dans le parterre et les galeries, et armés de gros bâtons , tombèrent sur les amis de Macklin , et forcèrent ainsi le public à souffrir la présence de Garrick. Car, quelque envie tjue bien des gens pussent avoir de
Garrick, et lorsque celui-ci reparut sur la scène par le rôle de Bayes , Macklin excita son ami , le docteur Barrowby, à se mettre à la tête des cabaleurs, et les amis du directeur ayant i'ormé une contre-cabale, il en re'sulta , pendant deux soirées successives , une bagarre comme jamais salle de sjjectacle n'en avait vue.
» Les talens de Garrick et le désir qu'avait le public d'en jouir, l'emportèrent enfin, et les spectateurs ne voulant pas que leurs amusemens lussent interrompus par une querelle entre des acteurs , les mécontens abandonnèrent le champ de bataille. Le docteur Barrowby luimême, qui n'était pas homme à se laisser aisément intimider, dit à Macklin qu'en cherchant à entretenir la discorde , il s'exposait non-seulement à une exclusion perpétuelle de Drury-lane , mais même à faire un séjour temporaire dans une prison. Les parties belligérantes n'employèrent plus alors que leur plume , ou celle de ieui^s amis , pour continuer cette guerre. ( Note du trad.)
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montrer qu^ils désapprouvaient la conduite d'un acteur, ils ne voulaient pas s'exposer aux coups , pour le plaisir de témoigner leur mécontentement. Cette tempête théâtrale dura deux jours; mais Topiniâtreté du directeur, et les argumens tout-puissans de ses associés, remportèrent enfin, et mirent Garrick à Tabri de la juste vengeance du public.
Ce futainsi que M. Macklin fut entraîné dans cette contestation désagréable, que sa conduite fut calomniée, et que son caractère fut méconnu et mal apprécié. Les pertes et les dommages tombèrent sur lui seul ; mais il soutint cette épreuve avec courage, et se consola en songeant que , par Texposé des faits qu'il avait publiés , faits dont ses adversaires même reconnurent l'authenticité , il s'était justifié aux yeux du public , et avait couvert d'opprobre l'apostasie de Garrick.
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