‹ Mémoires sur GarrickChapitre 24 sur 148 · CHAPITRE ïll. 3l · texte numérisé non relu

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reformé. Le duc de Buckingham, dans cet ouvrage, avait dirigé Parme du ridicule contre ces poètes pleins d'enflure et sans naturel qui s''étaient affranchis de toutes les règles, et qui, comme il le dit dans son prologue , avaient écrit en dépit de fart , de la raison , de la nature. Les passages qu'il avait choisis dans diverses pièces , et qu'il avait livrés à la risée du public, montraient évidemment que sir Robert Howard, sir William Davenant, le grand Dryden, et leurs innovateurs, n'avaient produit que des farces monstrueuses, qu'il leur avait plu de nommer tragédies héroïques^ et dans lesquelles on ne trouvait que du galimatias, des vers ampoulés, des caractères outrés, des tyrans féroces, criant, hurlant et bravant les dieux. Les meilleurs critiques et toute la capitale voyaient avec délices toutes ces folies abandonnées à la dérision, au mépris, et chassées du théâtre. Garrick ajouta encore au mérite de l'admirable satire du duc de Buckingham, et cette addition était véritablement nécessaire.

Le goût vicieux des auteurs dramatiques s'était entièrement écarté de la nature ; les meilleurs acteurs de ce temps avaient fait

fausse route avec eux. Ils prenaient pour Fart, une démarche guindée, une déclaration am-poulée, des liurlemens. Les principes de Garrick, sur Tart théâtral, étaient entière-* ment opposés à cette pratique : il se servit de la Repétition pour la critiquer avec autant de justice que de sévérité. Dans le rôle de Bafcs^ il représenta, de la manière la plus vraie, le fat plein d'importance et gonflé d^amour-propre, qui croit que tout le secret de la poésie dramatique consiste en vers pompeux, en tirades ambitieuses. Et comme il voyait les acteurs de son temps se tromper également sur ce qu^ils devaient faire, il résolut de placer leurs erreurs sous le jour le plus frappant. Dans les répétitions , il arrivait souvent à Garrick d^interrompre ceux qui répétaient une pièce avec lui , pour leur apprendre à donner à leur débit de la justesse et du naturel. Mais ce fut sur le théâtre , et dans les représentations de la pièce du duc de Buckingham qu'il plaça les leçons les plus efficaces et les plus piquantes. Ayant fixé son choix sur quelques-uns des acteurs les plus célèbres de son temps, il imita tour à tour, avec la vérité la plus

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