CHAPITRE III
prompte réintégration dans leurs emplois, à Drurj-lane. Garrick s'acquitta de cette mission, et Fleetwood annonça quMl était prêt à les recevoir tous à Fexception de Macklin , qu*'il déclara coupable de la plus lâche ingratitude , après la manière dont il Favait servi lorsqu'il fut mis en jugement pour un meurtre commis pendant le spectacle, à Drury-lane. Macklin parla lui-même de cette affaire, dans le factum qu'il fit imprimer. « Il ne » croyait pas , dit-il , que parce qu'un homme » lui avait rendu un service, il eût le droit )> de l'opprimer toute sa vie. » Il ajoute qu'il aura toujours une sincère reconnaissance de ce que M. Fleetwood avait fait pour lui dans cette malheureuse occasion.
Pour apaiser le directeur qui regardait Macklin comme le chef du complot, Garrick lui proposa de rester dans sa troupe , avec cent guinées d'appointemens de moins que l'année précédente, s'il consentait que Macklin y rentrât. Cette proposition fut refusée. Garrick alors informa Macklin qu'il avait déterminé Rich (1) à recevoir sa femme avec
(1) Directeur du théâtre de Covent-Garden.
{Note du traducteur. )
40 ' yiJ£ DE GAimiCK.
des appointemens de trois livres par semaine; il offrit en même temps de lui payer à luimême six livres par semaine, pour Findemniser de ce qu^il se trouvait sans emploi, jusqu'à ce qu'il eût réussi à le réconcilier avec le directeur : Macklin rejeta cette offre. Garrick , en pareille circonstance , pouvait-il fliire quelque chose de plus ?
Cependant la détresse des autres acteurs coalisés qui manquaient d'occupation , devenait de jour en jour plus urgente ; ils avaient appris que Garrick songeait à passer à Dublin, et dans ce cas ils prévoyaient qu'ils seraient exclus du théâtre sans retour. Dans cette crise fâcheuse, ils adressèrent à MackJin une lettre civile et pressante pour obtenir qu'il sacrifiât quelque chose de ses prétentions , et qu'il songeât aux intérêts de tant d'acteurs qui faisaient valoir une cause raisonnable contre l'orgueil et l'obstination d'un seul homme : ils ajoutaient , avec vérité , que , si quelques liens d'honneur existaient entre M. Garrick et lui , ces liens devaient avoir la même force entre eux et M. Garrick. îls écrivirent aussi le lendemain à Garrick pour l'inviter à ne pas aller en Irlande avec Macklin , attendu