CHAPITRE m
faite; il était amateur de Part gymnastique, alors très-cultivé 5 il s'assura de trente vigoureux athlètes , exerces dans ce genre d'escrime , et pria Fleetwoodde les laisser entrer dans la salle avant que les portes en fussent ouvertes au public. Le directeur y consentit, et les trente boxeurs s'établirent au centre du parterre. A l'instant où l'on allait lever le rideau, un d'entre eux se leva et dit , à voix haute : a Messieurs , on dit qu'il se trouve ici quelques personnes qui sont venues dans l'intention de ne pas entendre la pièce ; comme je suis venu pour l'entendre, et que j'ai payé pour cela , je prie ceux qui se proposent d'interrompre le spectacle, de vouloir bien se retirer. )> Cette courte harangue fut suivie d'une scène tumultueuse; maislesboxeurssavaientdistribuerleurs coups avec une vigueur irrésistible : ils tombèrent sur le parti de Macklin, et le chassèrent du parterre ; ce fut l'affaire de quelques instans. L'ordre s'étant rétabli , Garrick parut en scène , salua l'auditoire d'un air respectueux, et joua son rôle sans être interrompu.
Il paraît que Macklin ne regarda pourtant pas sa cause comme perdue , car il revint à
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la charge, et fit paraître , le 12 décembre, une réplique à la réponse de Garrick. Nous ignorons quel fut Tauteur de ce nouveau pamphlet , et si Corbyn Morris y eut quelque part ; mais la presse , en cette occasion , n'accoucha que d'un enfant mort-né. C'est une longue invective en style déclamatoire, dénuée de preuves , et sans un seul raisonnement concluant. Le public reconnut que Tinoratitude de Macklin envers Fleetwood était la seule cause de son exclusion du théâtre. Il ne vit en cet acteur qu'un homme d'un caractère inflexible , qui, pour satisfaire sa vengeance particulière, voulait emmener Garrick en Irlande , au risque de causer la mine de ceux de ses camarades qui se trouvaient sans emploi.
Telle fut la fin de cette querelle , et Garrick laissa Macklin jouir du petit avantage d'avoir eu le dernier mot.