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DU THEATRE ANGLAIS. XV

Deux circonstances singulièrement heureuses favorisèrent le début des deux troupes ; le retour , après une suspension aussi prolongée , des représentations tliéatrales , et l'emploi des femmes sur la scène. C'était la première fois que le public en voyait. Depuis l'origine des théâtres en Angleterre, jusqu'à la restauration , les rôles de femmes avaient été remplis par de jeunes acteurs dont la voix était douce et la figure agréable. Ces tTRYesùssemens choqiicâent Shakespeare, Il n'osa pourtant pas attaquer un usage que défendait une sorte de pudeur *, mais il négligea presque tous ses rôles de femmes , parce qu'il n'attendait rien des acteurs auxquels il fallait les confier.

Après deux années de vogue et d'aftluence , les spectacles furent interrompus par deux grandes calamités publiques : la peste de i665 et l'incendie de 1666 , qui détruisit la presque totalité des maisons de la capitale.

En 167 1 , la veuve de William d'^uenant imagina d'introduire des morceaux de chant et des ballets dans les anciennes comédies. Londres y courut. Les tragédies de Shakespeare durent délaissées pour des opéras , soutenus de jolies danseuses et de décorations brillantes. Le théâtre royal se plaignit ^ il harcela ses rivaux dans tous ses prologues , et ne ramena personne. Mais un

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