‹ Mémoires sur GarrickChapitre 41 sur 148 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

que la petite maîtresse la plus susceptible. Ridiculiser les uns et les autres , était le but de cette pièce , et cVst à quoi réussirent Woodward dans le rôle de Flash , et Garrick dans celui de Fribble. Le fier Rodomond craignit désormais d^étre appelé le capitaine Flash ; le fat se fût évanoui au seul nom de Fribble; ils disparurent de la société dès qu^on eut commencé à rire à leurs dépens.

A cette pièce succéda le Mari soupçonneux, comédie du docteur Hoadley (O* C'était la première bonne comédie qu^on eût vue depuis le Mari poussé à bout[i) , qui fut joué en

(i) Docteur en médecine, auteur de deux comédies, les Bavardes^ imite'es de l'Écoledes Femmes, et quin'eurent aucun succès, et le Mari soupçonneux qui en obtint beauccup. George II ayant assisté à une représentation de cette pièce, en fut si satisfait, qu'il envoya cent livres stcrlings à l'auteur. C'est sans contredit une bonne pièce; mais elle ne mérite pas d'être élevée au rang oii la place M. Murphy •

{Note du traducteur. )

(2) Comédie comrpencée et laissée imparfaite par sir John Vanbrugh, et qui fut achevée par Colley Cibber. Quelques ennemis de ce dernier s'étant imaginés , on ne sait trop par quel motif, qu'il était l'auteur de certaines scènes , les sififlèrent impitoyablement , tandis qu'ils cou^ vrirent d'applaudisseraens celles qu'ils attribuaient à Van-

1727. Elle fut suivie cfune pareille éclipse de génie qui ne se termina que par Fapparition de l* Ecole de la médisance de M. Shéridan , en mai l'j'j'j.Le Mari soupçonneux eut un grand succès , mais les petits esprits lui déclarèrent une guerre d'*escarmouches qui produisit force èpigrammes, et qui finit lorsqu\in critique d^un ordre supérieur , le célèbre Samuel Foote , eut pris la plume en sa faveur. Le rôle de Clarinde fut joué par mistriss Pritcbard avec Fesprit , la grâce et Félégance qui la distinguaient dans tous les rôles de ce genre; dans celui àe Ranger ^ Garrick fit voir le jeune libertin le plus gai , le plus vif et le plus étourdi qui eût jamais paru sur le théâtre.

Covent-Garden fit sa clôture à Tépoque ordinaire , après avoir obtenu le succès le plus brillant. Quin et Garrick avaient vécu en parfaite harmonie : celui-ci reconnaissait

brugh. Cibber fit imprimer le manuscrit dans l'état oîi cet auteur l'avait laissé , et l'on reconnut que les siffleurs avaient fait tout le contraire de ce qu'ils avaient voulu faire. Les scènes sifflées étaient de Vanbrugb, et les scènes applaudies appartenaient à Cibber.

f Note du tj-aducteur. )

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