CHAPITRE IV
îe talent de son rival dans les rôles qui lui convenaient; il parla toujours de la manière dont il jouait celui de Falstaff , comme étant la perfection même (1) ; il admirait la gaieté de Quin , il aimait à répéter ses plaisanteries , quoiqu'elles tinssent souvent du sarcasme. Il amusa plus d'une fois la société dans laquelle il se trouvait, en racontant avec vivacité Fanecdote suivante : Quin avait engagé à souper Garrick et quelques amis à la taverne de la Couronne et V Ancre. Lorsque la compagnie se retira , Quin ayant à parler à Garrick de quelque affaire , le retint environ une demi-heure ; quand ils furent prêts à partir , il tombait une pluie si forte , qu'il était impossible de songer à sortir à pied. Il n'y avait pas un fiacre sur la place; ils demandèrent qu'on fit venir deux chaises à porteurs. Le garçon vint leur annoncer, quelques instans après , qu'on ne pouvait en trouver qu'une : « Eh bien ! partez le premier , dit Garrick » à Quin ; j'attendrai que la chaise revienne
(i) On prétend que G^irrick louait avec excès Quin dans le rôle de Falstaff^ pour avoir le droit de le trouver médiocre dans tous les autres. [Note des éditeurs. )
)> me prendre. — Pourquoi faire des cé- )) remonies ? répondit Quin , nous pouvons » partir ensemble. — Ensemble ! répéta )) Garrick, cVst la chose impossible ! — )) Impossible ! reprit Quin , rien n^est plus fa- )) cile: je me mettrai dans la chaise , et vous » vous placerez dans la lanterne. »