‹ Mémoires sur GarrickChapitre 50 sur 148 · CHAPITRE \l · texte numérisé non relu

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supprimer tous les personnages inutiles. L^ac-. tion de sa pièce roule entièrement sur le père romain. Le vieil Horace est principalement intéresse' à chaque incident, et, par cette conduite judicieuse, il a donne à sa pièce un ensemble régulier et suivi. La mort d'Horatia ( Camille) est amenée avec beaucoup d'art. Vers la fin du quatrième acte , elle éclate en malédictions contre son frère et contre le nom romain. Horace est prêt à la poignarder : mais on entraîne sa sœur, par ordre de son père, sans que rien puisse apaiser sa fureur. Son amie Valeria raconte dans le cinquième acte comment elle s'est attiré son malheur. Elle demande à voir son père et son frère, on Famène sur le théâtre ; il en résulte une scène pleine de pathétique. Le peuple accourt en foule et veut qu'il soit fait justice du meurtrier. Le Père romain prend la défense de son fils et lui sauve la vie. Au total , on doit reconnaître que ce que Corneille a divisé en trois actions distinctes, M. Whilehead Ta traité de manière à lui donner une apparence d\i- . nité. Point de scènes épisodiques , point de personnages superfhis , point d'ornemens

ambitieux, point de discours de parade (i). Cette pièce réussit complètement à la repre'sentation. Garrick, qui jouait avec un talent tout particulier les rôles de vieillard, fut couvert d^applaudissemens dans le rôle du Père romain^ et Barry ne plut guère moins dans celui du jeune Horace^ quoique ce rôle sortit un peu du cercle ordinaire de ses emplois , et ne fût pas propre au développement de tous ses moyens. De tels acteurs, joints au mérite de la pièce , attirèrent la foule pendant le reste de la saison. Il se forma , dans le cours

(i) On voit que M. Murphy semble donner à M. Whitehead une préférence bien prononcée sur Corneille. Mais il est à propos de dire ici que tous les critiques anglais ne partagent pas cette opinion. Les auteurs de la Biographie dramatique , entre autres, dont les jugernens sont en général impartiaux et judicieux, disent qu'il aurait mieux fait de suivre de plus près le plan du poëte français ; de ne pas supprimer le rôle du jeune Curiace , qui offre un contraste si frappant et si heureux avec celui du jeune Horace, et de conserver une sœur des Curiaces mariée à Horace ; ce qui , en resserrant le lien qui unit les deux familles, augmente l'intérêt de la situation. « Mais , ajoutent-ils , rester » un peu au-dessous de Corneille ne peut être im sujet de » reproche pour un auteur qui ne s'est pas élevé à la hau- » teur de Shakespeare. » {Note du traducteur.)

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