CHAPITRE VII
et, maigre la supériorité de Garrick, il y mérita de nombreux applaudissemens. Les tendres accents dePamour, de la pitié, de toutes les passions douces , notaient pas le côté brillant de M. Mossop ; mais dans les scènes de rage et de terreur , il faisait une impression profonde. Garrick trouvait un excellent coadjuteur, et ce renfort lui permit de reprendre plusieurs de ses anciens rôles.
Au commencement de décembre, parut une tragédie d\in génie du premier ordre , du célèbre docteur Young (i) , déjà connu par deux tragédies, Busiris et la Vengeance ^ mais qui sVst élevé bien plus haut par ses satires, et surtout par ses Nuits. Le motif qui porta le docteur à faire représenter sa tragédie intitulée les Frères, après une si longue absence du théâtre , fut le désir de faire un acte d^ une piété généreuse : il en abandonna
(i) Le docteur Young n'a jamais composé que trois tragédies , qui toutes trois finissent par un double suicide. Dryden dit quelque part que la coupe du poison et le poignard sont à la disposition de tout auteur dramatique qui ne sait comment finir sa pièce. Il y avait trente ans que le docteur Young avait composé les Frères quand il fit représenter cette tragédie. ( Note du traducteur. )
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tout le profit à la société pour la propagation de Févangiie en pays étranger; il j joignit même la somme nécessaire pour compléter mille livres sterling. Cette pièce attira la foule. Les rôles des deux frères étaient admirablement joués; Persee^ par Mossop, et Démétrius , par Garrick. La scène du troisième acte, où ils plaident leur cause devant leur père, portait Tintérét au plus haut degré; elle faisait ressortir d'une manière admirable les talens différens des deux acteurs , le ton sévère et sententieux de Mossop , et Féloquence douce et gracieuse de Garrick. Tite-Live a servi de guide au docteur Young en cette occasion, et les discours des deux frères ne sont presque que la traduction des harangues de ce grand historien.
Aux fêtes de Noël, afin de jeter Talarme à Covent-Garden, Garrick fit jouer une nouvelle pantomime. Arlequin F ortunatus. Cette pièce rassemblait tous les moyens nécessaires pour faire réussir de semblables productions, un incendie, une bataille, un bal, etc. Elle fut courue jusqu'ici la fin de janvier , et fît alors place à une nouvelle tragédie.
Cette tragédie était le Joueur d''Edouard