‹ Mémoires sur GarrickChapitre 61 sur 148 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

se soutenir que pendant douze repre'sen talions. On prétendit quVlle était trop de'chirante (1). Peut-être les habitans du beau quartier de Londres , qui avaient la fureur du jeu, n'aimaient-ils pas à voir leur passion favorite attaquée par M. Moore. Il était réservé à M. Kemble et à mistriss Siddons de la faire reparaître avec éclat (2). Le prologue (3), composé et débité par Garrick , contenait une satire très -éloquente contre la passion du jeu.

(1} Le docteur Young , après avoir lu le înaniiscrit de celte pièce , secria que la passion du jeu avait besoin d'un caustique semblable à celui qu'offrait le dcnoûment de cette pièce. ( Note du traducteur. )

(2) Miss O'neill jouait, il y a quelques années, le rôle de mistriss Beverley avec un talent qui ne le cédait en rien a celai de mistriss Siddons. Mais, semblable à un météore , celte aimai )le actrice ne s'est montrée qu'un instant sur 1 horizon de Covent-Gardcn : le mariage l'a enlevée au théâtre. {'Note du traducteur.)

(5) Il est bon d'avertir ici nos lecteurs que toute pièce nouvelle, en Angleterre, est précédée d'un prologue et suivie dun épilogue. C'est le couplet d'annonce qui forme l'avant-garde d'un vaudeville à Paris , et celui qui le termine en réclamant l'indulgence du parterre.

( Note du Sraducteur. )

Au commencement de mars , Garrick donna Boadicée j tragédie de M. Glover ^ auteur du poëme épique intitulé Leonidas. Le sujet de cette pièce est parfaitement connu , puisqu^il est tiré de Tacite ; mais M. Glover ne sut pas le traiter avec art. Le dénoûment est prévu trop tôt et par conséquent ne produit aucune impression. Les talens réunis de Garrick, de Mossop, de mistriss Pritchard, et de mistriss Cibber qui était rentrée à Drury-lane, ne purent soutenir cette pièce que pendant douze représentations.

En novembre 1753, Garrick remit au théâtre Zara^ tragédie traduite de la Zaïre de Voltaire par Aaron Hill. Il y fit le rôle de Lusignan , vieillard vénérable parlant avec Faccent le plus pathétique. La scène dans laquelle il aperçoit une croix sur le bras de sa fille, circonstance qui la lui fait reconnaître, mérite une mention particulière , non-seulement à cause du jeu inimitable de Garrick , mais parce que Voltaire parait Tavoir empruntée de la pièce intitulée : Les Amans non sans le savoir^ de sir Richard Steele.

Zara fat donnée jusqu^en février suivant.

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