XXX HIST. 4BR. DU THEATRE ANGLAIS
George II n'avait aucune idée de la littérature , aucun sentiment des beaux-arts. Lorsque le peintre Hogarth lui fit hommage de son tableau représentant la Promenade à" Hounslow , le roi crut le récompenser largement , en lui donnant une guinée.
Le talent de Garrick ne l'avait pas frappé davantage. Il montrait même quelque aversion pour sa personne , persuadé que celui qui reproduisait si bien le caractère atroce de Richard ne pouvait être un honnête homme. Taswell^ au contraire , qui jouait le rôle du lord-maire de Londres , lui paraissait capable de remplir la place de magistrat d'une grande cité.
Les comédiens ayant été mandés à la cour pour y jouer Henri VllI de Shakespeare , le duc d'Athol demanda le lendemain à Richard Steele , un des directeurs , si le spectacle avait été goûté ? (( Bien plus que je ne l'aurais voulu, répondit )) Steele. J'ai vu le moment où le prince allait » s'emparer de tous mes comédiens, pour en faire » des ministres et des conseillers d'Etat. )>
Le théâtre anglais doit à Garrick une épuration qui le rend digne des spectateurs les plus difficiles. Johnson a dit de son ami : « Louons Garrick d'avoir » augmenté le fonds de nos plaisirs innocens. »