‹ Mémoires sur GarrickChapitre 72 sur 148 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

conséquence. Il donna, en décembre 1766, sa comédie de Lilliput y dont le sujet est tiré des Voyages de Gulliver du docteur Swift , et dans laquelle jouaient une centaine d^çnfans des deux sexes qu''il se chargea lui-même d^instruire et dVxercer. En janvier suivant , il fit représenter la Tempête de Shakespeare , dont il avait fait un opéra : il faut avouer que ce ftit une erreur de jugement; Tharmonie de la versification de ce grand poëte nWait pas besoin du secours de la musique. Il remit ensuite au théâtre les Joueurs de Shirley , poëte du siècle précédent , après avoir fait différens changemens à cette pièce; prouvant ainsi qu'au lieu de fouiller dans le répertoire des auteurs allemands , pour y chercher quelque avorton qu'il pût adopter , il savait trouver , dans les richesses oubliées du théâtre anglais, de quoi satisfaire le goût du public pour la nouveauté. Enfin, il termina cette saison théâtrale par r//o772/?i^ coquette qu'il composa et fit jouer dans l'espace d'un mois. Doffadil ( l'homme coquette ) ne ressemble nullement à Fribble : celui-ci est un de ces êtres dont les manières efféminées peuvent faire douter à quel sexe ils appartiennent ; l'autre est un

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homme qui fait la cour à chaque femme qu^il rencontre , et qui , dès qu^il se flatte qu^il s''est insinué dans ses bonnes grâces , Fabandonne en se donnant les mêmes airs que s^il avait triomphé de sa vertu. Cette pièce réussit complètement , et le jeu inimitable de Woodward ne contribua pas peu à ce succès.

La Men^eille , ou la Femme qui garde un secret f fut remise au théâtre en novembre 1757. Cest la meilleure des comédies de mistriss Centlivre (1). En voici le sujet en deux mots : Don Pèdre , père de Violante y a dessein de la placer dans un couvent, afin

(1) Espèce de Fiancée du roi de Garbes ; car, d'après Whincop, son biographe, ayant perdu de bonne heure son père et sa mère, on la voit d'abord, de douze à quatorze ans, vivant avec un étudiant de Cambridge. A seize ans, elle épousa un neveu de sir Slephen Fox; veuve à dixsept, elle se remaria à un officier nommé Cnrrol , qui fut tué en duel ; ce qui lui permit de prendre un nouvel époux, M. Centlivre, cuisinier en chef du roi. Elle était du reste fort belle, très-instruite, et savait plusieurs langues; ce qu'elle devait peut-être à ses éludes à Cambridge. La Merveille est restée au théâtre, ainsi que V Empressé ^ et une ou deux autres de ses comédies.

{Note du traducteur.)

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