‹ Mémoires sur GarrickChapitre 73 sur 148 · CHAPITRE IX. l3l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. l3l

de s'approprier sa fortune. Mais la jeune dame n\'i pas de dispositions claustrales : elle aime Don F{?7/jî;; jeune seigneur plein d''honneur et dUntegrité, mais jaloux autant qu'on peut Fétre. Isabelle, sœur de Don Félix , est destinée par Don Lopez^ son père, à Don Gusmcuiy pour lequel elle a conçu de l'aversion. Pour e'viter d'être force'e à ce mariage , elle sVchappe de chez son père, et se réfugie chez Violante y qui lui accorde une retraite, et lui promet le secret. De là naissent tous les embarras: Violante y fidèle à sa promesse, refuse de laisser entrer Don Félix dans un cabinet où Isabelle est cachée. Ses soupçons jaloux s'e'veillent , et il prend la résolution de faire un éternel adieu à sa maîtresse. Leur entrevue est une scène admirable , dans laquelle Garrick s'élevait au-dessus de luimême. Mais les querelles des amans ne sont qu'un renouvellement d^amour. La paix est scellée , et dure jusqu^à ce qu'un nouvel incident détermine un nouvel accès de jalousie. Enfin tout s'explique : Isabelle épouse le colonel Britton'j Don Félix abjure sa jalousie , et obtient la main de sa maîtresse.

Tel est le canevas très-abrégé de cette co-

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medie. L^aclion en est parfaitement conduite. Les incidens y sont multipliés de manière que le spectateur est toujours dans Fattente; et Tintrigue est amusante sans être compliquée. Garrick y fit quelques changemens avec son jugement ordinaire , et concourut au succès par la manière dont il joua Don Félix (i).

Le célèbre docteur SmoUet fut le premier candidat à la faveur publique , qui parut ensuite; sur les rangs. Sa comédie des Représailles fut donnée en novembre de la même année. Les quatre principaux personnages de cette pièce sont un Ecossais, un Irlandais, un Français , et un marin anglais. Ce dernier rôle était joué par Woodward, que Fauteur faisait se coucher par terre , pleurer et crier, d^une manière peu conforme au caractère de nos braves marins. Le jargon du Français , et Faccent provincial des deux autres, sont tellement usés au théâtre, qu^ ils produisirent peu

(i) On reconnaît ici toute l'intrigue de l'Amant jaloux , opéra-comique de d'Hele et de Grëtry, qui parut pour la première fois en 1778. D'Hele adopta l'Intrigue de mistriss Cenllivre sans y rien changer : le souffleur Auseaume rima les paroles des ariettes et des finales.

{Note des éditeurs.)

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