‹ Mémoires sur GarrickChapitre 75 sur 148 · CHAPITRE IX. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. l

vier 1758, une influence à laquelle il lui fut impossible de re'^ister, Fobligea à mettre au* théâtre Agisj tragédie du même auteur, quoique bien au-dessous de celle qu^il avait rejetée. Un fort parti soutint pourtant quelque temps cette pièce ; et pendant que le parterre restait froid, elle recevait les applaudissemens des loges. M. Gray, en parlant de cette tragédie, dit dans une de ses lettres : « Je » pleure en pensant que cette pièce est de » rauteurdeZ^OM^/rt^. GVstunestatue antique )> peinte de blanc et de rouge, et dont une )) marchande de modes du comté d^York a » fourni la coiffure et les vétemens. »

Pour dédommagerle public d^une pièce médiocre, Garrick eutrecours à Southern e,poëte dont le génie tragique égale celui d^Otway, s''il ne Tefface. Malheureusement, on exigeait, dans le temps où Southerne vivait, un mélange de comique et de tragique ; et cVst ce qu^on remarque dans le Fatal mariage ou V adultère innocent ^ comme dans la plupart de ses autres pièces. Mais parce qu^il s^ trouvait deux actions indépendantes Tune de Tautre, et quelle offrait des personnages grossiers et vulgaires, fallait-il qu'une si belle

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tragédie restât dédaignée ? GaiTick en jugea 'autrement; il supprima tout ce qui n''avaitpas un rapport direct et nécessaire à Faction principale, à Faction tragique, et le Fatal mariage devint une pièce conduite avec régularité et terminée par une catastrophe qui ne peut manquer d^intéresser tous les cœurs sensibles. Une telle pièce, soutenue par les talens de Garrick et de mistriss Cibber, était faite pour réussir. Elle disparut pourtant du théâtre après eux; mais mistriss Siddons lui rendit tout son lustre. Cette actrice enleva tous les suffrages, dans le rôle ô^Isabelle, et étonna ceux même qui se souvenaient de Favoir vu jouer par mistriss Cibber.

La comédie du Tapissier termina cette saison théâtrale. Garrick consentit, sur la demande de Fauteur, que la première représentation en fût donnée au bénéfice deMossop. L'auteur peut dire qu'elle obtint un grand succès, sans craindre qu'on Faccuse de vanité. Garrick, Woodward, Yates et mistriss Clive suffisaient pour lui concilier la bienveillance du public (i).

(i) Cette pièce est de M. Murphy, auteur de ces Mé-

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