CHAPITRE IX. l
Drury-lane fit une perte considérable à la rentrée suivante. Woodward exigeait une augmentation d^appointeinens , avec la condition que son salaire serait toujours égal à celui de Tacteur le mieux payé. Pendant le cours de cette négociation , Foote lui demanda s^il avait obtenu ce qu'il réclamait. Wood- Avard lui ayant répondu négativement: « Cela » est étonnant, dit Foote : vous jouez dans )) presque toutes les comédies , et vous faites )) en outre les rôles dVrlequin. Qu'on vous )) prenne à Tlieure ou à la course , votre pré- )> tentionestde toute justice. » Garrick pensa pourtant différemment. Woodward partit pour Dublin, et prit la direction du théâtre de cette ville avec Barry.
Garrick était toujours fertile en expédiens.
moires. Indépendamment du talent des acteurs , elle méritait de réussir, car elle est pleine de gaieté et de véritable comique. Son but est de tourner en ridicule la manie qu'ont les Anglais , même du plus bas étage, de se mêler des affaires publiques ; manie qui malheureusement n'est plus un travers particulier à l'Angleterre. Son tapissier , banqueroutier , et ne sachant oii donner de la tête , n'est cependant occupé que des moyens de payer la dette publique. ( Note du traducteur. )
l38 VIE DE GARRICK.
Il savait que le rôle de Marplot dans VEmpresse étsiil le triomphe de Woodward; il résolut, peut-être un peu par esprit de vengeance, de le jouer lui-même, ne doutant pas qu^il ne IV'clipsât; il se trompa pourtant. Woodward savait prendre un air de bonhomie si naturel , que tout le mal qu^il occasionait en se mêlant des affaires des autres, paraissait TefFet du malheur. Garrick au contraire avait une physionomie si pleine d'intelligence et dVxpression, qu^il semblait tout faire à dessein prémédité. On peut donc dire avec justice qu^il échoua dans cette entreprise; et ce fut le premier accident de cette nature qu^il éprouva.
Le fameux docteur Hill, pour assurer le succès d^une comédie intitulée la Rouf (i) , Pavait présentée comme étant Touvrage d''une personne de qualité qui en destinaitle produit à un établissement de charité. Cette raison en fit endurer la représentation, avec un degré de patience très-remarquable. Alors le doc-
(i) Nom qu'on donne à ces grandes assemblées où il se trouve quatre à cinq cents personnes.
{Nofe du traducteur.)