‹ Mémoires sur GarrickChapitre 79 sur 148 · CHAPITRE X. l4l · texte numérisé non relu

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tacles, et que divers écrivains n'en ont rendu qu'un compte imparfait et tronque, peut-être n'est-il pas hors de propos d'entrer dans quelques détails à ce sujet. Ce fut la première et même la seule altercation qu'il ait jamais eue avec M. Garrick, et c'est à regret qu*'il s'en rappelle le souvenir; mais il croit devoir la vérité au public. J'en abrégerai le récit, autant qu'il sera possible.

En juin 17^8, je remis \! Orphelin de la Chine à M. Garrick, qui, peu de jours après, me la rendit comme ne convenant nullement au théâtre. Un jeune auteur ne pouvait aisément accepter une décision qu'il regardait comme injuste. Peut-être fus-je coupable de trop d'amour-propre, et quand je jette les yeux en arrière sur la conduite que je tins à cette époque, je suis disposé à me condamner moimême. Quoi qu'il en soit, étant encouragé par deux amis dont je connaissais le jugement et l'intégrité, je commençai une guerre de plume. Je savais que Garrick était excessivement timoré sur tout ce qui pouvait concerner sa réputation ; il tremblait à la moindre attaque; c'était son côté faible, et ce fut par là que je Tattaquai. Garrick fit des plaintes à

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HoUand-House. M. Fox ine fil venir, et me demanda d^où venait cette animosité contre le plus grand acteur du siècle. Je mVxpliquai avec franchise; car citait le seul moyen d'obtenir justice. « Mais après V Apprenti ei )) le Tapissier f me dit M. Fox, je n''aurais )> pas cru que vos talens vous portassent à i> la tragédie. Écoutez : je m'en rapporte tou- )) jours au jugement d\m homme qui est un )) grand maître dans Tart qu'ail professe, et )) je crains en cette occasion que Garrick )) n'ait raison. )> Il m'engagea pourtant à lui envoyer ma tragédie; ce que je ne manquai pas de faire.

Quelques jours après, il m'annonça qu'il l'avait lue avec M. Horace Walpole , et qu'ils pensaient tous deux que V Orphelin de la Chine avait été refusé mal à propos. Il ajouta que Garrick devait dîner le dimanche suivant à HoUand-House, et m'invita à revenir le voir, le lundi. Dès que j'arrivai chez lui , son premier mot fut : « Avez-vous reçu des » nouvelles de Garrick ? — Non , Mon- )> sieur. — Eh bien , vous ne tarderez pas à » en entendre parler. Hier après le dîner, )r M. Walpole et moi, nous citâmes quelques

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