CHAPITRE X. l
». veau ; celui de mistriss Yates excitera Tad- )) miration ge'nérale; )> prédiction qui se re'alisa. Qui pourrait être surpris de la re'ussite d\me pièce jouée par de tels acteurs ?
Le jour de la première représentation, j Votais à dîner à la taverne de la Rose , avec M. Foote et quelques amis , quand on m'apporta une lettre de mistriss Cibber. Elle regrettait que son nom ne fût pas sur raffiche , attendu qu'elle se trouvait parfaitement en état de jouer. Comme il était trop tard pour y rien changer, elle me priait de lui écrire un mot immédiatement après la représentation; elle ajoutait qu'en attendant, elle ferait des prières pour le succès, a Mistriss Cibber )) est catholique , dit Foote avec un air de )» gravité , et les catholiques ne manquent )) jamais de prier pour les morts. » Foote n'aurait pas renoncé , en faveur de son meilleur ami , au plaisir de placer un sarcasme, et cela n'empêcha pas qu'il ne fût le premier à venir m'embrasser , sans pouvoir m'adresser un mot , tant il était ému de joie , quand le succès de la pièce fut décidé.
En septembre lySg, Drury-lane s'enrichit des talens de M. King , dont la réputation n'a
l4B VIE DE GARRICK.
fait qu^augmenter de jour en jour depuis celte époque. On donna successivement pendant cette saison : les Valets imitant leurs maîtres y comédie qui fut d^abord attribuée à M. ToAvnlev, mais dont Garrick fut ensuite reconnu pour être Vauteur (i) ; VJlmour à la mode^ par Macklin ; le Moyen de le conserver et Vile déserte (2) 5 et toutes ces pièces réussirent. On nVn peut dire autant du Siège d'Aquiléey tragédie de M. Home qui parut dans cette pièce , ainsi que dans -Agis y bien au-dessous de sa première production dramatique.
Le docteur Hill, homme de mérite et poëte agréable , était alors exposé à toutes les rigueurs de Tindigence. Garrick vint à son secours , et lui abandonna le produit d'une nouvelle comédie qu''il venait de terminer,
(1) M. Murpliy partage ici une erreur qui a long-temps été assez générale. Il ne reste aucun doute aujourd'hui que cette pièce ne soit véritablement de M. Townley.
{Note du traducteur.)
(2) Ces deux pièces sont de M. Murpliy. Le but de la première est d'apprendre aux femmes qu'il faut employer, pour conserver le cœur d'un mari , les mcmes moyens que pour gagner celui d'un amant. 11 a beaucoup profite de la Nouvelle Ecole des Femmes de Moissy.
{Note du traducteur.)