CHAPITRE XI
le directeur, mais la raison, pour ceux qui cherchent un pre'texle de tumulte, n'est qu'aune plume dans la balance.
Dans les premiers jours de janvier, on remit au théâtre les deux Hahitans de Vérone^ de Shakespeare, avec des changemens par Benjamin Victor, caissier du spectacle. Cette pièce obtint du succès, et personne ne fut admis à demi-prix. Ce fut à la sixième représentation que les malveillans résolurent de commencer leur attaque. Un nommé Fitz Patrick, homme qui avait du goût et de rinstruction , se mit à la tête des conspirateurs- II s'était donné autrefois pour un des plus chauds admirateurs de Garrick, et Ton n^i jamais su ce qui avait causé une révolution si complète dans sa manière de penser (1). Quoi
(1) Fitz Patrick s'était en effet montré comme un des partisans de Garrick; mais ayant embrassé la cause d'une débutante à laquelle Garrick était peu favorable, il attaqua le directeur de Diury-lane comme partial; et de ce moment sa mauvaise liumcur contre lui sexhala régulièrement et périodiquement deux fois par semaine, dans le Crafisman, journal politique et littéraire. Garrick, las de ses provocations, prit la plume, et lui répondit par une satire ingénieuse et piquante intitulée la Friberiade , dont
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qu"*!] en soit, il avait conçu contre le directeur une telle animosité, qu^après avoir long-temps passé pour un homme doux et tranquille, il dévint tout-à-coLip le plus violent et le plus furieux des perturbateurs. Il avait pour coadjuteur un marchand quincaillier demeurant dans Cheapside , dont le nom mV^st échappé. Cet homme avait trouvé le secret, deux ou trois ans auparavant, de s^insinuer dans les bonnes c races de M. Garrick. Personne ne peut dire quel était le fondement de cette intimité, si cen^'est que le quincaillier causait aisément, et que Garrick aimait qu'ion lui rapportât les nouvelles et les bruits de la ville. Fitz Patrick écrivait avec élégance; il fît insérer dans le journal périodique, intitulé le Craftsinariy divers articles faits pour blesser la susceptibilité du directeur. Le quincaillier ne manquait pas alors de venir faire à Garrick une visite d^amitiéet de condoléance, et retournait ensuite chez Fitz Patrick, à la méchanceté duquel il fournissait de nouveaux alimens. Garrick découvrit enfin le double
Gurchill parle avec éloge, et Gurchill se connaissait en satires. {Note des éditeurs.)