‹ Mémoires sur GarrickChapitre 89 sur 148 · CHAPITRE XI. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. l

irais pour monter Topera ai Artaxerce qu''on devait représenter ce soir même , et qu^en conséquence , il ne pouvait consentir à une demande si peu raisonnable. Un tumulte épouvantable suivit cette réponse : bancs , lustres , décorations , tout fut brisé. On conseilla à M. Béard , et avec raison , de prendre les voies légales pour obtenir justice; en conséquence , il obtint , le lendemain matin , des mandats d'arrêt contre les deux principaux auteurs du désordre. Fitzpatrick et le quincaillier furent arrêtés et conduits devant lord Mansfîeld. Après avoir entendu la déposition de M. Béard, le magistrat, qui était déjà au fait de tout ce qui sVtait passé, se tourna vers Fitzpatrick et lui dit qu'ail était surpris qu'un homme comme il faut ^ qui du moins en avait Tair , se trouvât compromis dans une violation de la paix publique : il leur représenta la gravité de leur faute avec ce ton de dignité qui lui était ordinaire , et ajouta que si , malheureusement , quelqu'un avait perdu la vie par suite de ce tumulte, la loi les aurait déclarés tous deux coupables de meurtre. Ils firent des excuses , promirent solennellement de ne pas récidiver , et

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M. Bëard , à la prière de lord Mansfield , consentit à cesser toutes poursuites.

Telle fut la fin de ce fracas théâtral : il en résulta que tandis que Drury-lane avait été forcé de subir la loi du vainqueur , Covent- Garden s^était maintenu dans son droit.

Dès que Garrick eut fait réparer les dévastations qui avaient été commises dans son théâtre, il donna la première représentation dHEhire y tragédie de M. Mallet , imitée de \Inez de Castro de M. de La Motte , qui , luimême, avaitpriscesujet dans laLusiade du Camoëns. Cette pièce ne fut pas reçue très-favorablement,et, après la neuvième représentation , elle disparut irrévocablement du théâtre.

Garrick faisait le plus grand cas de mistriss Shéridan , quoiqu^il eût eu quelques différens avec son mari. LVxcellent roman de Sydney Biddulph lui avait fait concevoir une juste idée des talens de cette dame ; aussi reçut-il sans difficulté sa comédie intitulée la Décomerte , dès quVlle la lui présenta. La manière dont il joua le rôle de Sir Anthony Branville ^ fat empesé , à manières antiques, aida beaucoup au succès de cette pièce;

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