‹ Mémoires sur GarrickChapitre 95 sur 148 · CHAPITRE XII. Ij · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. Ij

Bickerstatf qui ne fît que mutiler Fintrigue et le caractère dli principal personnage. Cette

matique. Le succès de sa première pièce lui valut , dit la chronique scandaleuse , les bonnes grâces de la duchesse de Cleveland ; il lui dut aussi la protection du duc de Buckingham , qui le fit son ëcuyer, et la bienveillance de Charles II , qui daigna aller lui rendre visite pendant une maladie grave qu'il fit , et qui lui donna 5oo livres pour aller rétablir sa santé en France. Le hasard lui fit rencontrer, chez un librai^-e de Tunbridge , la comtesse de Drogheda^ jeune veuve noble , riche et belle , et, très-peu de temps après, elle consentit à lui donner sa main. Depuis ce temps , il négligea la cour, et perdit la faveur du roi. Sa femme était si jalouse , qu'elle ne voulait pas qu'il s'éloignât un seul instant; et quand quelques amis venaient le voir , elle exigeait que la porte de l'appartement oii il les recevait restât ouverte , afin de pouvoir s'assurer qu'il ne s'y trouvait aucune femme. Elle mourut au bout de quelques années, et lui laissa toute sa fortune : mais cette disposition fut contestée, et les frais du procès, joints à la vie dissipée que menait Wycherley, lui firent contracter des dettes qui le conduisirent en prison. Il y resta plusieurs années , et en fut tiré par la générosité de Jacques II , qui , ayant vu son Fr anc-F aiieur, en fut si satisfait, qu'il ordonna qu'on payât ses dettes, et lui assura une pension viagère de deux cents livres. Il avait toujours dit qu'il voulait mourir marié , quoiqu'il ne pût souffrir l'idée du lien conjugal. Effectivement, il épousa à l'âge de soixantequinze ans une jeune personne qui lui apporta une dot de quinze cents livres , et il mourut onze jours après , le 1 " j an vier 1 7 1 6 . ( Note du traducteur. )

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pièce fut suivie , en fe'vrier , d'une comédie compose'e en société par Garrick et Colinan ^ intitulée le Mariage clandestin. Ils avaient tracé le plan de cette pièce avant le départ du premier pour le continent , et chacun d'eux s'en était occupé de son côté pendant leur séparation. Dans le cours de Fêté de 1765, ils y mirent la dernière main de concert. Cette comédie a été jouée tant de fois, elle paraît encore si souvent, et est par conséquent si généralement connue, qu'il suffit d'en donner une légère idée.

La scène se passe à la maison de campagne de Sterling, négociant de Londres, qui a deux filles, dont l'aînée est sur le point d'épouser sir John Melville. Fanny, la plus jeune, a épousé secrètement Lovewell, un des commis de son père. Lord Ogleby, oncle de sir John Melville, arrive pour assister au mariage de son neveu, avec miss Sterling, qui est la favorite de sa tante, mistriss Heidelberg, veuve d'un commerçant hollandais. La duplicité de sir John, qui devient amoureux de Fanny et qui désire rompre avecla sœur aînée , commence le nœud de l'intrigue. LoveiveU conseille à sa femme de faire confidence de

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