‹ Mémoires sur l'ancienne chevalerie avec une introduction et des notes historiques (volume 2)Chapitre 12 sur 57 · INTRODUCTION. XX · texte numérisé non relu

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l'induction qui nous occupe. Ces pirates se jetérent d’abord sur la France, dans le vague espoir de la piller, et quand ils y eurent borné le cours de leurs brigandages nomades, ils adopterent » presque sans restriction, les usa— ses établis avant eux, ou qui s'établissoient à l'époque de leurs migrations. Il en est de même chez tous les peuples et dans tous les siécles des conquêtes de la force sur la civilisation. La société change de maîtres, mais ses maîtres changent de loix, et, au bout de quelque temps, il n’y a de nouveau que les dynasties. Il eét du moins un fait qu'il seroit difficile de nier, c’est que la Chevalerie est née sur le sol de la France. Elle dut son existence à des circonstances qui échappent en partie à nos recherches. Elle s'y fortifia des mœurs publiques et des idées de Îa nation sur le courage et l'honneur. Elle devint une loi de l'État quand elle eut, comme on dit aujourd'hui, debordé les autres institutions, et elle devint une loi, parce qu’il y avoit en elle toutes les conditions de convenance et de nécessité qui donnent aux institutions un caractère légal.

Nous ne connoissons rien dans les souvenirs de la France de plus essentiellement françois. La Chevalerie a laissé apres elle des traces

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profondes de son existence. Elle ne pouvoit vivre que dans l'état social où elle étoit née. La confusion des pouvoirs, l'absence de la justice presque toujours remplacée par une sordide fiscalité , l’inflexibilité des coutumes feodales légitimèrent son apparition. C'est sous ce rapport qu’elle à eu une importance qui ne méritoit pas la dédaigneuse ingratitude de notre âge. Ses fastes seront long-temps l'objet d’une poétique admiration. On y retrouve tout ce que la valeur a de plus héroïque, la vertu de plus pur, la fidélité de plus admirable, le dévouement de plus désintéressé.

Cependant, comme tout ce qui porte l’empreinte de la volonté des hommes , la Chevalerie eut ses âges de vertu, de splendeur et de décadence. Pauvre , énergique et redoutable aux oppresseurs dans la première période, qui fut son temps fabuleux, on la vit s'asseoir bientôt sur les marches du trône et planer sur les créneaux des tours féodales; elle fut la tutrice des peuples et la conseillère des rois. Les nations étonnées reconnurent en elle le lien social et le pouvoir lui-même. Elle, . créa, dans cette seconde période, la politesse et la douceur des manieres, et triompha de la résistance d’un siècle rude et sauvage où la

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