‹ Mémoires sur l'ancienne chevalerie avec une introduction et des notes historiques (volume 2)Chapitre 15 sur 57 · L2 AS ‘ ” , | HE IRSES SOMEMOSS run bp SE Sont · texte numérisé non relu

L2 AS ‘ ” , | HE IRSES SOMEMOSS run bp SE Sont

jfio:, Ou Nibun 248 3 " CRE Fa DRE PS

PE E ? € i Ÿrs 1 * € ” ne GC RE à » # bi “

“ ne à h . OR ses ; 5 À La + : ;

F Lu À

e { 02 . i * , nes 12...) ; : ; re ac Mug eau CR ai ot. ce os 0 ET ‘ à : à « $ L “ \ x (| ‘ : 1H F # —— = Hat BA CE * : n , 4 ASS D D CO A .

, ï ; < cas Ne sr Un ' ss : LE « Es D dir15 Fri RES. j CS + as {:i: Fiat pen, i : ‘ , Ha « du + . 2 . 4 ” PO QE Ga HSE PRESSE EL je DCI a ss 2) $ #1 Q Fr eus } L * it «| au «4 Sat ) Vis #3 7 dc: QC LE e 1°. | ri à : ! LÉ De 2 DR St + RSR RS 1 * L] ‘ > ; | | ; pes » or a iv ne EN { é # EE PRES IEEE RTE ; trsic+ F Lu, 4x : Û û " :

bo: FAT LE: st 33 CRE : 3 \ Lo 3° ce" Ha à ; . ja Mdr 6! , | À Tu L RE .\5 sstt ,& v; ; À — #0 = x

ue . . Tao 3 LS » > A tes t é ‘ 0 “ ? oh. D). RE

Ses LE VERS SE 2 = L

shit » + à ‘ ic i vs ë è ! À Es He Ar” . + & ” à £ à Cds Li Po 4,7 9 4) à Le à ao à 5

€ > pue Li

7 y Le : À ras is 1 à É 41+ Vo J- SRE À s* ? { Li ”

«+ we } : ‘ . 4 . s

D oo LU 4 tu el + M € ; i ‘ ; , re û 6 41 dis n

) {? î fus 3° 4 : . Sr 4 AE ‘ons i Le «

4 it]

s ‘ SU tab: rt, Tr dass,

/ PTE

ÉTOTIT RU)

Ep EEE) near dela:

L'omser que je me propose est de donnerune juste idée de l'ancienne Chevalerie, et de fâire connoître la nature et l'utilité d'un établissement qui, regardé maintenant comme frivole, fut néanmoins l'ouvrage d’une politique éclairée, et la gloire des nations chez —— il étoit en vigueur.

Pour exécuter ce dessein, il suffira de mettre sous les yeux du lecteur : 1° l'éducation qui préparoit les jeunes gens à la Chevalerie ; 2° les exercices des tournois, qui les rendoient propres à la guerre; 3° l'usage que l’on faisoit, dans les armées, de la valeur, de l'adresse et de l’expérience des chevaliers ; 4°les récom—

TOMRI. ‘

2 D MS: | MÉMOIRES. re penses promises À ceux qui se à dtloirieroient dans les combats, et les punitions dont ils étoient menacés s'ils manquoient à leur devoir. Enfin, pour ne rien laisser à désirer, s’il -est possibles ‘et pour montrer en. même temps que je n'ai point été séduit par une aveugle prévention, j'examinerai les causes-qui pro— -duisirent la décadence et la chute de la Cheva- Zerie,etles inconvénients qui pouvoient contrebalancer les'avantages de cet établissement.

Remontons d'abord jusqu’à l'enfance de celui | que en destinoit à devenir chevalier. Dès qu’il avoitatteint l’âge de sept ans', on le retiroit des mains des femmes pour le conf r aux hommes.

Une éducation mâle et seras À préparoit de bonné heure aux travaux. de la guerre, dont la profession étoit la même que celle de la Chevalerie, Au défaut des secours pâternels, une infinité de’ cours de princes et de châteaux offroient des écoles toujours ouvertes, aù la jeune noblesse reçevoit les premières leçons du métier qu'elle devoit embrasser ; et même des hospices où la générosité des seigneurs fournissoit abondamment à tous ses besoins.

Cette ressource étoit la seule, dans ces siècles malheureux, où la puissance et la libéralité des souverains, également restreintes, n’avoient

| es SUR L'ANCIENNE. CHEVALERIE. 3

point encore ouyert une route plus noble et plus utile, pour quiconque. vouloit se dévouer à la défense et à la gloire de leur État et de leur couronne. S'attacher à quelque illustre chevalier n'avoit rien, dans ce temps-là, qui püt avilir, ni dégrader : c'étoit rendre service pour service ; et l'on ne connoissoit point les raffinements d'une délicatesse plus subtile que judicieuse , qui auroit refusé de rendre à celui qui vouloit généreusement tenir lieu de père, les services qu'un pére doit attendre de son fils. Si l’on trouve que je fais aux siècles dont je parle plus d'honneur qu'ils ne méritent, en leur attribuant des idées si saines, et des sentiments si vertueux, on peut chercher dans la vanité des mêmes siècles la source de cet usage; mais il faudra, du moins, avouer que la vanité con- -couroit alors au bien public, et qu'elle imitoit la vertu.

L'espèce Modpendae dont oi joui les hauts barons ,au commencement dela troisième race, et l’état de leurs maisons, composées des mêmes officiers que celle du roi, furent, pour leurs successeurs, comme des titres qui les mettoient en droit d’imiter, par le faste de ce qu'ils appeloient leur cour ? ,la splendeur et la magnificence qui n’appartenoient qu’à la

4. | ® MÉMOIRES dignité royale. D’autres seigneurs subalternes, par une espète de contagion trop ordinaire dans tous les siècles, en cherchant de plus en plus à se rapprocher de ceux-ci, s on également d'éléver l'état de leurs maisons ÿ. On trouvoit dans un château, dans an monastére*, des offices semblables à ceux de la cour d’un souverain ;-et comme le roi commettoit cesoffices aux princes de son sang ,les seigneurs distribuoient aussi de pareilles dignités à leurs parents”, qui de leur côté regardoïent ces places sous le même poinit de vue, et trouvoient, <n les acceptant, de quoi satisfaire la vanité dont ils se repaissoient. Enfin l'intérêt personnel, le plus puissant de tous les motifs, obligeoit les grands seigneurs qui souloient s'a— grandir encore, ou du moins se maintenir dans leurs possessions légitimes.et dans leurs usurpations , à s'attacher par des bienfaits et par des récompenses ceux qui leur étoient inférieurs; et ces derniers se trouvoient dans la nécessité indispensable de s'appuyer des grands, pour s'élever ou pour se défendre contre l'autorité ou la tyrannie d'autres grands seigneurs voisins, qui les tenoient continuel- ‘—Jement dans la’ crainte et dans la dépendance. Mais je m'arrête trop long-temps sur un

SUR L'ANCIENNE CHEVALERIE. 5 usage dont notre histoire présente continuel. lement et la preuve,et les raisons.

Les premieres places que. l'on donnoit à remplir aux jeunes gens qui sortoient de l’enfance, étoient celles de pages", varlets, où damoiseaux ; noms quelquefois communs aux écuyers. Les autres domestiques, d'un ordre très-inférieur, étoient distingués par celui de gros varletsT; mais souvent aussi confondus par les mêmes dénominations de pages, de garçons * et de varlets. Les fonctions. dè ces pages” étoient les services ordinaires des domestiqués auprès de la personne de leur maître et de fêur maîtresse; ilsles accompagnoient à la chasse, dans leurs voyages, dans leurs visites ou promenades, faisoient leurs messages, et même les servoient à table 10 , et leur versoient à boire. Les premières lecons qu’on leur donnoit regardoient principalement l'amour de Dieu et des dames ‘, c'est-à-dire, la religion et la galanterie. Si l'on en croit la chronique de Jehan de Saintré, c'étoit ordinairement les dames qui se chargeoïent du soin de leur apprendre, en même temps, leur catéchisme. et l'art d'aimer. Mais autant la dévotion qu’onleur inspipoit étoit accompagnée de puérilités et de superstitions, autant l'amour des dames, qu'on

6 cAte MÉMOIRES ' i :"

leur Ts étoit-il pers dé raffine ment et de fanatisme. Il semble qu'où ne pou voit, dans ces siècles ighorants et grossiers, ntéoites aux hommes la réligion sous une forme asser matérielle pour la mettre à leur portée ; ni leur donner, en méme temps, une idée dé l'amour assez pure ; dssez métaphysis qué, pôûr prévenir les désordres ét lés excès dont étoit capable une nation qui conservoit partout le caractère impétuenx eus monttoit à la ÿuérte. :

- Pour mettre le jeune novice en état de pras tiquer ces bizarres leçons de galanterie, oh lui faisoit de bontie heure faire choix de’ quela qu'une des plus nobles > des plus belles et des plus vértüeuses dames des touts qu'il fréquers toit; c'étoit élle à qui, evtnine à l'Étre souvez rain, il rapportoit tôus sés séntimenis, toutes ses pénsées et toutes $es actions. Cet amôwr, aussi indulgent que la religion de ce temps-là, se prétoit ets acconimodüit à à d'autres passions moins püres et moins honnétés |

Les préceptes de religion laissoient au fond de leur cœur une sorté de vénération pour les chosés saintes , qui tôt où tard y reprenoit. le déssus. Les préceptes d'amour (qu'on me pardore de réunir si souvent des mots aussi mal

SUR L'ANGENNE “CHEVALERIE. 7

assortis }, les préceptes d'amour répandoient dans le comimerce des dimeÿ ces tonsidérations et ces égards respettueux, qui n'ayant jamais été ‘effacés de l'esprit des François, ont tou jours fait un dés caractères distinctifs de notre nation ‘*. Les instructions que ces jeunes gens récévoienit, par rapport à la détcence, aux méæuts, à la vertu, étoient continuellement soutenues par les exémples des dames et dés chevaliers qu'ils servoient. Ils avoient en eux des modèles pour les grâcés extérieufes , si nécessaires dans lé commerce du monde, ét dont le monde seul peut donner dès lécons.

Les soins généreux des seigneurs; pour-élever cette multitude de jeunes gens nés dans l’indigence, tournoient À l'avantage de ces mêmes seigneurs. Outre qu’is employoient utilement la jeune noblesse au service de leur personne, leurs propres enfants y trouvoient des émules. pour les exciter à Fämour de leurs devoirs, et des maîtres pour leur réndre l'éducation qu'ils avoient reçue. Les liaisons qu'une longue et afcieñne habitude de vivre ensemble ne pout voit maänquer- de former entre les uns et les aütreb, étant resserrées par le doublè nœud du bienfait et de la reconnoissance, devenoient indissolubles Ees erifants étoient totijours

dans la disposition d'ajouter denouveaux bien— faits à ceux de leur père; etlesautres, toujours prêts à les reconnoître par des services plus importants, secondoient dans toutes sesentreprises leur bienfaiteur ; ou celui qui le représentait, et se sacrifiant pour lui dans tout le cours de leur vie, ils eroyoient ne pouvoir jamais s'acquitter. Mais ce qui étoit le plus im portant d'apprendre au jeune élève, et ce qu'en effet on lui apprenoit le mieux, c'étoit à respecter le caractère auguste de la Chevalerie, à révérer dans les chevaliers les vertus qui les avoient élevés à ce rang, Par-là le service qu’il leur rendoit étoit encore ennobli à ses yeux; Les servir étoit servir tout le corps de la Chevalerie. Les jeux mêmes, qui faisoient partie de l'amusement des élèves, contribuoient encore à leur instruction. Le goût naturel à leur âge ; d'imiter tout ce qu'ils voyaient faire aux personnes d’un âge plus avancé, les portoit à lancer comme eux la pierre ou le dard, à défendre un passage que d’autres essayoient de forcer; et faisant de leurs chaperons des casques ou des bacinets , ils se disputoient la prise de quelque place : ils prenoient un avant-goùt des différentes espèces de tournois, etcommencoient à se former aux nobles exercices des

SUR L’ANCIENNE CHÉVALERIE. 9 écuyers et des chevaliers. Enfin l'émulation, si nécessaire dans tous les âges et dans tous les états ; s'accroissoit de jour en jour, soit par l'ambition de passer au service de quelqu’autre seigneur d'une plus éminente dignité, ou d'une plus grande réputation , soit par le désir de s'élever au grade d'écuyer dans la maison de la damie ou du seigneur qu'ils servoient ; car c'étoit souvent le dernier pas qui conduisait à la Chevalerie.

Mais avant que de passer de l’état de page à-celui d’écuyer, la religion. avoit introduit une espèce de cérémonie ’‘, dont le but étoit d'apprendre aux jeunes gens l'usage qu'ils devoient fafre de l'épée, qui pour la première fais leur étoit remise entre les mains. Le jeune gentilhomme nouvellement sorti hors de page, étoit présenté à l'autel par son père etsa mére, qui chacun un gierge à la main alloient à l’offrande. Le prêtre célébrant prenoit de dessus l'autel une épée et une ceinture, sur laquelle il faisait. plnsieurs, bénédictions , et l’attachoit au côté dujeune gentilhomme, qui alors commençoit à la-porter. C'est peut-être à cette cérémonie, etnon à celles de la Chevalerie, qu’on doit rapporter ce qui se lit dans nos historiens de la premiere et.de la seconde race, au sujet

Page 1