TOME f. J
34 NOTES ‘: , » tits gentilz honimes:et aux petites: gentilz femmes iet » autrès mendres, tel honneur et couetoysie vient de » franciet douls cuer, et le pétit à: qui en da fait s’en » tient pour honnoré, ‘et:lors il l’exhaulce par tout ét » en donne los et gloire à-celluy ou à celle'qui luy a » fait honneur. Et ainsi des petits à qui l’en fait cour- » toysie et honneur vient le grant los et la bonne re- » nommée, et se croist de jour en jour. » Le chevalier cite pour exemple à ses filles une grande dame qu’il vit en grande compagnie de chevaliers et de dames de haut état, ôter son chaperon à un simple taillandier, et lui faire la révérence ( ef se humilia ); comme on lui en fit des reproches : J'aime mieux le lui avoir ôté, répondit-elle , que d’y avoir manqué pour un sentilhomme (que de nel’ avoir baissé contre ung gentilhomme). Cet ouvrage contient ‘beaucoup d’autres leçons pareilles où l'on voit souvent des mœurs simples, rudes et même grossières, mais toujours pures, honnêtes et raisonnables : tel est encore cet avis qu’il donne ( fol. 8, r° ) aux gentilz femmes et nobles demoiselles : « d’estre de doulce » manière humble et fermes d'estat et de manière pour » emparlées * et respondre Se ne n’estre pas » trop enrisées ””, ne enresvées "*", ne soursaillies “***, ne » : regarder trop legerement ; car pour en faire mois , =. n'en:vient.se nün bien, et maïntes en ont-‘perdu leurs + ‘mariages pour trop grans semblans , ete.»
(16) Voyez, dansle père Ménestrier , la réponse fière
et courageuse d'une dame espagüole à son mari, lorsqu'étant accourue pour Île désarmer au retour d’un
# Causeuses. — ** Folâtres. — *** Évaporées. — **** Hardies.
tournoi dont il étoit sorti vainqueur, elle frouva encore un tronçon: de lance resté dans sa jambe. ( Traité de la Chevalerie ancienne et moderne, p. 193.)
(17) ‘Consultez, à ce sujet, les Recherches sur l’origine de la chirurgie. ( pages 5 et 6 ). Le passage suivant n’est pas moins décisif : « Atant, dit.une des héroïnes » du:roman de Perceforest (t. V, fol. 40, v°, col..s ), » beau neveu , il me semble que vous avez votre.bras à » mal aise. Par ma foy, respondit Norgal, chère dame, » ilest'ainsi; si vous prie que garde ÿ veuillez prendre. » Lors la dame appella une sienne fille qui se nommoit » Helaine, laquelle fist grant chère à son cousin, puis » print garde à son bras, et trouva qu'il estoit hors de » son lieu, et fist tant qu’elle Jui remist; puis dist : mon * cousin , allez vous en , car vous estes guery; dont Nor- - gal fut joyeulx à merveille., et en remercia moult de » fois sa cousine : car il ne s’en cuidoit aller de grant » temps après. »
:(18) Ce mot d'écuyer est encore employé par .les chasseurs. dans une signification qui s'accorde parfaitement avec. l’idée que nous devons avoir de l’attachement et .de la subordination des écuyers à l’égard des chevaliers, dont ils suivoient tous les pas et observoient toutes les démarches. Escuyer, en terme de chasse, jeune cerf qui.accampagne et suit un vieux cerf. Voyez Gaston Phœbus , Liv. de la Chasse, p. 14; col. «. |
(19) Les chambellans gardoient l’or et l'argent de leurs maîtres: ces officiers et les connétables étoient chargés de tirer des coffres la vaisselle d’or et d'argent destinée au service de la’ table; les bounteillers et les
échansons livroient 1e vin sas mesurc. } oyez le Tourrotement. d’Antechrist pere les’ Fabliaux manuscrits du 01, 7615, fol. 187 et 188. is |
(20) Hardouin de la Jaille (Liv. du champ de bataille, fol. 43 , recto), parlant des quatre personnages que l’on devoit choisir pour assister en qualité d’escoutes au gage de bataille, s’exprime en ces termes : « Si aucun de- » mandoit s’il convient que ces quatre soient chevaliers, » je dis que ouy, si trouver se peut; et en leur défaut » escuyers d'honneur de bonne monstre , non appren- » tis d'armes porter. » L’écuyer d'honneur portoit à la guerre la bannière de son maître et crioit le cri d’armes du. même seigneur. Ÿoyez l'Histoire de Pages
pese par Ménard, p. 443.
(21) L'éducation que les évêques . se chtéecnit de donner aux jeunes clercs qui leur étoient attachés, a beaucoup de ressemblance avec celle que les écuyers recevoient des chevaliers, et confirme l’idée que nos anciens auteurs ont eue de faire un parallèle assez exact entre la prélature etla Chevalerie. (M. de Fleuri, Traité des Études , p.19.) Les maisons des chevaliers, considérées sous ce point de vue, étoient les séminaires des écuyers. (Voyez la seconde partie de ces Mémoires.) « Chaque évêque, dit M. de Fleuri, prenoit un'soin * particulier de l'instruction de son clergé, principale- » ment des jeunes clercs qui étoient eontinuellement at- » tachés à sa personne pour lui servir de lecteurs et de » secrétaires, Je suivre et porter ses lettres et ses or- » dres, etc. »
LCD) La fonction des écuyers étoit encore d’habiller
DE LA PREMIÈRE PARTIE. 37 et de deshabiller leurs maîtres; ce qui les obligéoit de
se trouver à leur lever et à leur coucher. #7. oyez les Fabliaux manuscrits du roi. (N. 7615, fol. 150 , R. col. 1, dans la" pièce intitulée de /a Robe FRS
(23) L'usage commun des temps que je décris, m’autorise à me servir de ce mot. Hardouin de la Jaille, dans son Liv: du champ de bataille , fol. 50, v°, 5 on ainsi à ce sujet: « L'un de ses escuyers doit promener le » cheval en son quartier des lices, vers la moitié, et » l’autre escuyer plus avant d'un peu, gatdant que de » chevaux ne s’affrontént, ne combattent, ce. que faire » pourroïent, ne de plus se ‘doivent ’empescher: fors » quant vient à monter pour aider chacun son maistre » et mettre hors les pavillons. » 7:
- Le mot de maître est aussi souvent donné à celui dont on étoit prisonnier. « Puisqu’un bon chevalier esprouvé » en bataille est pris en bon fait d'armes ,.et qu'il s’est » rendu et juré à tenir prison , il ne s’en doit partir sans. » le congié de son maistre. » (Hist. de Bertrand Duguesclin, par Mr p- 297 et 318.) | |
(24) Le mot honneur signifoit proprement le cérémonial d'une cour. L'épée d'honneur étoit celle qui se portoit dans les cérémonies; le trône d'honneur, le heaume d'honneur, le cheval d'honneur, le manteau d'honneur, la table d'honneur et autres phrasés pareilles s’employoient dans le même sens. Les chevaliers et écuyers d'honneur ou du corps étoient ceux qui, attachés plus particulièrement à la personne de leurs maîtres, les accompagnoient presque partout, et étoient ‘ spécialement chargés de faire les honneurs de leurs cours
38 |. . NOTES ou de teurs maisons, PHRCpERMEN dans les assemblées d'éclat et de ose . ,
(25) Joinville CHist. de saint Fons p. 20); faisant le récit de la grant cour et maison ouverte, que saint Louis tint à Saumur en Anjou, parle des nouveaux chevaliers qui étoient à la table du roi, et ajoute : « À ». une autre table devant le roi... mangeoit le roi de » Navarre, qui moult estoit paré et aournè de drap d’or » en cotte et maatel, la cainture , fermail et chapelle = d’or fin, devant lequel je tranchoie. Devant le rai » saint Louis servoient du manger le comte d'Artois et » son frère ; et le bon comte de'Soissons, qui trancheoit » du coustel, » Joinville (ibë2., p.22 } n’était encore qu'écuyer, puisqu'il nous apprend mn: il m'avoit encore vestu nul haubert.
(26) Le comte de Foix « s’assit à table en la salle. » Gaston son fils avoit d'usage qu “il le servoit de tous » ses mets, et faisoit essai | de toutes ses viandes. » (Froissart, L. 3 y P 31.)
(27) Les écuyers donuoient à laver après le repas, comme on le peut voir par les vers suivants. (Fabliaux manuscr. du roi, 7615, fol. 74; v, col. 1; dans la pièce intitulée de la male dame. ). |
Ei Quens qui «mor « sn
. Manga o la bele meschine *
Moult par fu riche la cuite jé
= Moult ont bons vins et bons clarez, Moult par fu li bu: honorez.
+ Fille. —** Repas.
DE LA PREMIÈRE PARTIE. 39 Après: manger se sont déduit De paroles, puis si on fruit; - Et après le manger lavèrent, Escuier de leve * donnèrent.
(28) Voyez tout ce qui est rapporté sur ce sujet dans. le Glossaire latin de Ducange, au mot species.
(29) Liqueur composée de vin et de miel. « Siaucun + a fait aueane chose, partie de sa matière , partie d’au- » tre, si comme si aucun avoit fait claré de son vin et » d'autre miel, sçachez que celui qui a fait la chose en. » doit être sire. » L'éditeur ajoute que « claré est com- » position de vin et de miel. » ( Bouteiller, Somme ru-. rale , tit. 36, p. 253.)
(30) Les statuts de Cluni nous apprennent quelle étoit cette composition : Sratutum est, ut ab omni mells. ac specierum cum Vino confectione, quod vulgart nomine pigmentum vocatur… fratres abstineant. (Statuta Cluniacensia, cités par Ducange ; Glossaire latin , au mot
spectet. ) ti (31) Dans le dit des quatre offices de lg maison du
roi, savoir panneterie, échansonnerie, cuisine et sausserie à jouer par personnages. L’échansonnerie vante ainsi sa supériorité. (Poés. manuscr. d'Eustache Des-
champs, fol. 376, col. 4.)
k H n’est esbatement Où je ne'soye la première.
Je sers de vin le roi de France, , :
* Eau. |
4o "NOTES US
Les ducs, les comtes, les barons , ete.
Les dames et les chevaliers RE Les damoiselles et Escuyers ,
Là e j , D s s e e. e e.
: Par moy est coulez lipocras. .
(32) Le roman de Gérard de Roussillon, poëme provençal manuscrit; en fournit la preuve dans les vers suivants. (Roman de Gérard de Roussillon, manusgr. ;
" give) To:
E las tablas son messas e van manjar.
Quant an menjat, s’en prendon : à issir; , : ‘Et plañ devan le sala s’en van burdir.
Qui sap chanso ni fabla enquel là dit: ‘. | Chivalier à burdir i à vandir.
: . E Gerard e l’hi seu à esbabhdir, - : ©: =: + Entro que yenc la nub aufredesir. : nee Lo coms demandet vi e. vai durmir. . .
. Et levet lo mati à Pesclarzir; Siei dozel Vaiuderan gen à | vestir * :
sas es, ai CN à : à
où t
Dans les us anciens états de la maison du roi le vin du coucher est souvent exprimé comme un droit attaché à dertains ofices.
on . 5 , °" passe 9 7 cas ! ARE
3) Le Foyer Risoient aussi les lits (Fans ju (à
* « Les tables étant mises ils vont manger. Après avoir mangé ils » sortent, et vont se divertir dans la cour qui est devant. Celui qui sait une chanson ou une fable commence à la dire, et les chevaliers font les récits de leurs exploits et de leurs aventures, auxquels Gérard et les siens prennent plaisir, jusqu'à ce que la nuit soit devenue plus froide. Le comte demande le vin et va Core. Au matin il se lève avec le jour, et ses escuyers l'aident
s'habiller. » Ê
ee
mañuscr. du rôi, 7615, dans le court-mantel, fol. 1 142 v°, Ce 2.) ont
Les lis firent li escuier, | Si coucha chacuns son seignor.
.(34) Tous les écrivains françois, ‘imprimés ou manüuscrits, fournissent des exemples de cet usage, sur lequel on peut consulter entre autres l' historien Froissart et le poëte Eustathe Deschamps. |
G5) Voyez le nouveau Glossaire latin de Dicoge: aux’ mots cursorius, palafredus » roucinus, dextrarius; joignez ‘aux exemples qui sont cités, celui du moine du Vigeois' (Labbe, biblicth: manuscr. , t. II, p. 323) dans sa Chronique. Cet écrivain’ emploie le mot palafredus comme synonyme à mulus (mulet); voyez aussi les vers des Fabliaux (Manuscr. du roi, 7615, fol. 308, v°, c. 2) ouunñ hi dit au ‘chevalier « qu'il servoit : on
ras , rene ote JU L 14 ; J'ai dé “ palefroi, f ‘
, Ga autrement ne poet “ estre :
Non ne menrez or cheval en destre **
— J'ajouterai encore à ces témoignages celui d'Enstache Deschamps , qui dit que’/eb destriers (fol. 234, c. 1) et ‘grands chevaux ‘étoient destinés aux joutes; que Îles coursiers ou moyens , sont ceux qui vont plus légèrement en guerre, et les derniers, appelés roussins , sont les chevaux communs servant aux vilains pour leur labour. Il résulterä de-tant: d’autorités différentes, que nos anciens écrivains ont souvent confondu tous ces Fo et que la plupart du a à ilg on che tantôt l'a
# Pouvoit. — ** Vous he ménerez plus nent
ception du genre à ds et tantôt RE à Pac:
ception générique.
(36) La Colombière (Théâtre d’hon. et de Chev.,
p. 563) rapporte à ce sujet un long fragment du roman de Meliadus de Léonnois : on peut y joindre celui du roman de Perceforest (t. I, ec, 61, fol. 56,,.vo, c, 4), qu il est parlé d'Estonne. « Lors regarde et, voit en, la * moyenne (au milieu) une jeune jument, si puissante et » si grande comme,se ce fut Le cheval du roj, et pensa, » s’il pouvoitavair celle jument si puissante et si grande, » qu'il monteroit sus; combien que à celui temps un chevalier ne pouvoit avoir plus grand blasme que: de » monter sus jument. Ne on ne pouvoit ung chevalier » plus deshonnorer que de le faire chevaucher une ju-- ». ment pour le blasme , et tenoit-on- depuis que c’es- » toient chevaliers recreus et de nulle valeur,,ne ja plus » chevalier qui ayma son honneur, ne joustoit à lui, ne frappoit d'épée non plus que un fol tondus. » On peut voir (ébid., fol. 57, vo, col. 4 et suiv.) la suite des aventures que lui attira cette monture , alors défendue aux chevaliers, Les juments étoient, destinées à tirer des charrettes(ibid., fol. 73, vo, çol, 2, t, 4, fol. 67, w°, col. 4), et c’étoit un opprobre que d'être mené. dans cette pes de voiture.
n Les passages suivants en fournissent la preuve . + Si voit venir monseigneur Gauvain (Lancelot du Lac; « Perceforest, 22, fol. 3, r°, ç, 2) et deux escuyers dont » lung menait son destrier en destre et portoit.$nn » glaive ,et l’autre son heaume, l’autre son escu.
» Quant il entra en la forest, 1 rencontra quatre es-
DE LA PREMIÈRE PARTIE. 43 » cuyers (ibid., t. MH, fol. 82, r°, ec. #ÿ qui menoient » quatre blancz destriers en dextre.
» Lors rencontra ung varlet (ibid. ,t. ITT, fol. 82,r°, c.4) » qui chevauchoit esp roucin fort et bien courrant, et + menoit à dextre ung destrier noir: »
(38) On pourroit en déterminer la hauteur si l’on osoit s’appuyer sur une autorité bien postérieure aux temps dont nous parlons. Du Bellai (du Bellai, L. 6 de ses Mémoires , p. 189) rapporte que suivant la capitulation dé Fossan en 1537, on devoit laisser dans la place tous les grands chevaux qui excéderoient la hauteur de sit palmes et quatre doigts; les’ petits ehevaux étoient de six peaurmes séulement, suivant ren (For 2, p- 478 , éous l'an 1 440.) D
(39) Poésies provengçales, manuscrit d'Urfé, pièceg8o, fol. #41, rect., col. 2. —. | !
B gerdats qui capinail | Faitz lassar per mesure *: cou
” L'accident arrivé à Henri IE et qui causa sa mort, fut peut-être la suite de quelque négligence à cet égard.
(o) Les éeuyeïs tenoient les ares de leurs mitires à l'entrée de l’église, (Roman de Gérard .de Roussillon, en provençal, manuser., fol. 39, verse.) hs Pierre de Monrabey, arrivant au ehdteau de Row sillon : | Intret en rossilho pel pon prumier ; E dissen à l'arc vont sot lo clochier
* « Que votre camail ne soit ni trop lâché ni trop serré, qu'il soit » lacé bien juste. »
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