TOME
» tits gentilz hanimes:et aux:petites:gentilz femmes iet » autrès mendres, tel honheur et coustoysie vient de » franciet douls cuer, et le pétit à-qui en da fait s’en » tient pour honnoré, et:lors il l’exhaulce pdr tout ét » en donne los et gloire à-celluy ou à celle‘qui luy « » fait honneur. Et ainsi des petits à qui l’en fait cour- * toysie et honneur vient le grant los et la bonne re- » nommée, et se croist de jour en jour. » Le chevalier “cite pour éxemple à ses filles une grande dame qu’il vit en grande compagnie de chevaliers et de dames de haut état, ôter son chaperon à un simple taillandier, et Jui faire la révérence ( et se humilia > comme on lui en fit des reproches : J'aime mieux le lui avoir ôté, répondit-elle , que d'y avoir manqué pour un Lehéllonne (que de ne l'avoir baissé contre ung gentilhomme). Cet ouvrage contient ‘beaucoup d’autres leçons pareilles où l’on voit souvent des mœurs simples, rudes et même g'ossières , mais toujours pures, honnêtes et raisonnables : tel est encore cet avis qu’il donne ( fol. 8, r° \ aux gentilz femmes et nobles demoiselles : « d’estre de doulce » manière humble et fermes d’estat et de manière pour » emparlées * et respondre courtoysement , n’estre pas » trop enrisées ”*, neenresvées *"”, ne soursaillies “**”, ne » regarder trop legerement; car pour en faire moins , »: n'en:vient se non bien , et maintes en ont-perdu leurs + Marisges pour trop grans semblans , ete.»
(16) Voyez , dans le père Ménestrier , la réponse fière et courageuse d'une dame espagnole à son mèri, lors-
qu’étant accourue -pour Je désarmer au retour d’un
+ Gauseuèes. — ** Folâtres. — *** Évaporées, — **** Hardies.
tournoi. dont il étoit sorti vainqueur, elle trouva encore un tronçon de lance resté dans sa jambe. ( Traité de la Chevalerie ancienne et moderne, p. 173. )
(17) ‘Consultez, à ce sujet , les Recherches sur l'origine de la chirurgie ( pages 5 et 6 ). Le passage suivant n’est pas moins décisif : « Atant, dit.une des héroïnes » durroman de Perceforest ( t. V, fol. 40, v°, col..1 }, » beau neveu , il me semble que.vous avez votre.bras à mal aise. Par ma foy, respondit Norgal, chère dame, » ilest'ainsi; si vous prie que garde y veuillez prendre. » Lors la dame appella une sienne fille qui se nommoit » Helaine, laquelle fist grant chère à son cousin, puis » print garde à son bras, et trouva qu’il estoit hors de . son lieu, et fist tant qu’elle lui remist; puis dist : mon » cousin, allez vous en, car vous estes guery ; dont Nor- «+ gal fut joyeulx à merveille., et en remercia moult de » fois sa cousine : car il ne s’en cuidoit aller de grant » temps après. »
-(a8) Ce mot d’écuyer est encore employé par .les chasseurs. dans une signification qui s'accorde parfaitement avec. l’idée que nous devons avoir de l’attachement et .de la subordination des écuyers à l’égard des chevaliers , dont ils suivoient tous les pas et observoient toutes les démarches. Escuyer, en.terme de chasse, jeune cerf qui accampagne et suit un vieux cerf. Voyez Gaston Phœbus, Liv. de la Chasse, p. 14; col. «.
(19) Les chambellans gardoient l’or et l'argent de leurs maîtres: ces officiers et les connétables étoient chargés de tirer des coffres la vaisselle d’or et d'argent destinée au service de la’table; les bouteillers et les
échansons livroient le vin sans mesurc. Voyez le Tournotement d’Antechrist Per les’ Fabliaux manuscrits du 0, 7615, fol. 187 et 188. 5 |
(20) Hardouin de la Jaille (Liv. du champ de bataille, fol. 43 , recto), parlant des quatre personnages que l’on devoit choisir pour assister en qualité d’escoutes au gage de bataille, s'exprime en ces termes : « Si aucun de- » mandoit s’il convient que ces quatre soient chevaliers, » je dis que ouy, si trouver se peut; et en leur défaut » escuyers d'honneur de bonne monstre , non appren- » tis d'armes porter. » L’écuyer d'honneur portoit à la guerre la bannière de son maître et crioit le cri d’armes du même seigneur. F’oyez l'Histoire de Duguesclin
publiée par Ménard, p. 443.
(21) L'éducation que les évêques se chargeoïent de donner aux jeunes .clercs qui leur étoient attachés, a beaucoup de ressemblance avec celle que les écuyers recevoient des chevaliers, et confirme l'idée que nos anciens auteurs ont eue de faire un parallèle assez exact entre la prélature etla Chevalerie. (M. de Fleuri, Traité des Études , p.19.) Les maisons des chevaliers, considérées sous ce point de vue, étoient les séminäires des écuyers. (Voyez la seconde partie de ces Mémoires.) « Chaque évêque, dit M. de Fleuri, prenoit un soin * particulier de l'instruction de son clergé, principale- » ment des jeunes clercs qui étoient eontinuellement at- » tachés à sa personne pour lui servir de lecteurs et de » secrétaires, le suivre et porter ses lettres et ses or- » dres , etc. »
(32) fonction des. écuyers étoit encore d'habiller
et de deshabiller leurs maîtres; ce qui les obligéoit de se trouver à leur lever et à leur coucher. Voyez les Faéliaux manuscrits du roi. (N. 7615, fol. 150 , R. col. 1, dans la pièce intitulée de la Roëe Decrees)
(23) L'usage commun des temps que je décris, m’autorise À me servir de ce mot. Hatdouin de la Jaille, dans son Liv: du champ de bataille , fol. 50, vo, de
ainsi à ce sujet: « L'un de ses escuyers doit promener le »' cheval en son quartier des lices, vers la moitié , et » l’autre escuyer plus avant d’un peu, gardant que » chevaux ne s’affrontént, ne combattent, ce: que faire » pourroient; ne de plus se-doivent’. empescher: fors » quant vient à monter pour aider chacun son maistre » et mettre hors les pavillons. » RDS
- Le mot de maître est aussi souvent donné à celui dont on étoit prisonnier. « Puisqu'un bon chevalier esprouvé » en bataille est pris en bon fait d'armes ,.et qu’il s’est » rendu et juré à à tenir prison ,ilnes’en. doit partir sans. » le congié de son maistre. » (Hist. de Bertrand Duguesclin, par Ménard, p. 297 et 318.) a
(2%) Le mot honneur signifoit proprement le cérémonial d'une cour. L épée d'honneur étoit celle qui se portoit dans les cérémonies; le trône d'honneur, le heaume d'honneur, le cheval d'honneur, le manteau d’honneur, la table d'honneur et autres phrasés pareilles s’employoient dans le même sens. Les chevaliers et écuyers d'honneur ou du corps étoient ceux qui, attachés plus particulièrement à la personne de leurs maitres, les accompagnoient presque partout, et étoient ‘ spécialement chargés de faire les honneurs de leurs cours
38 . NOTES ou de leurs maisons, PrSEp een dans les assemblées cine et de solemhité.
(25) Joinville (Hist. de saint Louis, p- 20); faisant le récit de la grant cour et maison ouverte, que saint Louis tint à Saumur en Anjou, parle des nouveaux chevaliers qui étoient à la table du roi, et ajoute: « A «. une autre table devant le roi... mangeoit le roi de Navarre , qui moult estoit paré et aourné de drap d’or » em cotte et maatel, la cainture, fermail et ‘chapelle + d'or fim, devant lequel je tranchoie. Devant le roi saint Louis servoient du manger le comte d'Artois et + son frère, et le bon comte de Soissons, qui trancheoit » du eoustel, » Joinville (ibid. p-.22 } n’étoit encore qu'écuyer, puisqu'il nous apprend me il n’avoit encore vestu put haubert.
(26) Le comte de Foix «5 ’assit à table en la salle. » Gaston son fils avoit d’ usage qu’il le servoit de tous. » ses mets, et faisoit essai de toutesses s viandes, » Œr rois-
sart, L3, p. 34. )
(27) Les écuyers donnoient à laver après le repas, comme on le peut voir par les vers suivants. (Fabliaux manascr. du roi, 7615, fol. 174; w, col.1, dans la pièce intitulée de la male dame. .
Ei Quens qui amor a som | D 5 75 . Manga o la bele meschine *. —
Moult par fu riche la cuisine * = Mouit ont bons vins et bons clarez,
Moult par fu li Quens honorez.
* Fille. —*° Repas.
DE LA PREMIÈRE PARTIE. 3ÿ Après: manger se sont déduit De paroles, puis si on fruit; Et après le manger lavèrent, Éscuier de leve * donnèrent.
(28) Voyez tout ce qui est rapporté sur ce sujet dans. le Glossaire latin de Ducange, au mot species.
(29) Liqueur composée de vin et de miel. « Si aucun + a fait aucane chose, partie de sa matière, partie d’au- » tre, si comme si aucun avoit fait claré de son «vin et d'autre miel, sçachez que celui qui a fait la chose en. doit être sire. » L’éditeur ajoute que « claré-est com-. » position de vin et de miel. » ( Bouteiller, Somme ru-. rale , tit. 36, p. 253.)
(30) Les statuts de Cluni nous apprennent quelle. étoit cette composition : Sratutum est, ut ab omni mellis. ac specierum cum vino confectione, quod vulgari nomine pigmentum vocatur.. fratres abstineant. (Statuta Cluniacensia, cités par Ducange ; Glossaire latin , au mot
spectet. ) vi (31) Dans le dit des quatre offices de la maison du
roi, savoir panneterie, échansonnerie, cuisine et sausserie à jouer. par personnages. L’échansonnerie vante ainsi sa supériorité. (Poés. manuscr. d’'Eustache Deschamps, fol. 376, col. 4.)
. + + M n’est eshatement Où je ne soye ka première.
ee v . C3 . e .
Je sers de vin le roi de France, 1:
* Eau.
go ::. NOTES
Les ducs, les comtes, les barons, ete.
Les dames et les chevaliers, - ::
Les damoiselles et Escuyers ,
. Par moy est.coulez l’ipocras. ,
(32) Le roman de Gérard de Roussillon , poëme provençal manuscrit,. en fournit la preuve die les vers suivants. FE de Gérard de FU manuser. »
fol. LR) D. RE RER