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à la noblesse de leurs ancêtres : Souviens-tor, s'écrioient-ils, de qui tu es fils, et.ne forligne pas. Une foule de ménestriers, avec toutes sortes d'instruments d'une musique guerrière, étoient prêts à célébrer les prouesses qui devoient éclater dans cette grande journée. Des, valets ou sergents prompts et actifs avoient ordre de se porter de tous les côtés où le.service
des lices les appelleroiït, soit pour donner des
armes aux combattants, soit pour contenir la populace dans le silence et le respect LE
Le bruit des fanfares annonçoït l’arrivée des chevaliers superbement armés et équipés » suivis de leurs écuÿers, tous à cheval; ils s'avancoient à pas lents, avec une contenance grave et majestueuse. Des dames et des demoiselles amenoient quelquefois sur les rangs ces fiers esclaves attachés avec des chaînes, qu’elles leur ôtoient seulement lorsqu'entrés dans l’enceinte des lices ou barrières , ils étoient prêts à s’'élancer. Le titre d’esclave ou de serviteur de la dame ‘* ,que chacun nommoit hautement en entrant au tournoi % , étoit un titre d’honneur qui ne pouvoit être acheté par de trop nobles exploits ‘* ; il étoit regardé, par celui
qui le portoit, comme un gage assuré de la
victoire, comme un engagement à ne rien faire
SUR L'ANCIENNE CHEVALERIE. #9 qui ne fût digne d’une qualité si distinguée : Servants d'amour %, leur dit un de nos poëtes, dans une ballade qu'il composa pour le tournoi fait à Saint-Denys sous Charles VI , au commencement de mai 1389,
Servants d'amour regardés doucement Aux échaffauts 66, anges de Paradis, Lors joûterez fort et joyeusement,
Et vous sérés honorés et chéris.
A ce titre les dames daigrioient joindre ordinairement ce qu'on appeloit /üaveur “1, joyau, noblesse, nobloy ou enseigne : c'étoit une écharpe, un voile, une coiffe, une manche %, une mantille, un bracelet, un nœud ou une boucle ; en un mot quelque pièce détachée de leur habillement ou de leur parure; quelquefois un ouvrage tissu de leurs mains, dont le chevalier favorisé ornoit le haut de son heaume ou de sa lance, son écu, sa° cotte d’armés, quelqu’autre partie de son armure et de son vêtement. Souvent dans la chaleur de l'action, le sort des armes faisoit passer ces gages précieux au pouvoir d’un ennemi vainqueur; ou divers accidents en occasionoient la perte. En ce cas, la dame en renvoyoit d'autres à son chevalier, pour le