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DE
(4) Voyez Aimoin, liv. V, chap. 11, p. 267 et suivantes. Lonis-le-Débonnaire ceignit pareillement l’épée à Charles son fils, en 838. (Annales de saint Bertin, Duch., t. III, p. 193. B.) Je supprime plusieurs autres exemples que l’histoire me fourniroit presque sans interruption , jusqu'au quinzième siècle. L'usage de donner les premières armes à ceux qui se destinoiïient ay métier de la guerre, et la cérémonie qui s’observoit en cette occasion , ont porté nos historiens à faire remonter
l’origine de la Chevalerie à des temps où cette institution n’étoit pas encore connue. es. |
(2) Tacite, après avoir représenté la cavalerie des Germains comme n'étant armée que d’un javelot qu'il appelle framea, et d’un écu, dit (Tacite, de Morib, Germ., edit. Vart., art. 13, p. 624 et seq.) : « Qu'ils ne » traitent d'aucune affaire, soit publique , soit parti- * culière, qu'ils ne soient armés; mais, ajoute-t-il, il » n’est permis à personne de.prendre les armes qu'il . n'ait reçu de la cité le droit de les porter. La prise de » possession se fait dans une assemblée nationale ; le
» père ou le plus proche parent pare le jeune homme de » lécu et du javelot: c’est la robe virile de ces peuples » et le premier degré d'honneur de leur jeunesse ; jus- » que-là le jeune homme n’avoit appartenu qu'à sa fa- » mille , par-là il devenoit membre de la république. »
(3) On voit, dans une longue pièce de Nat. de Mons, manuscrit d'Urfé , que les chevaliers sont regardés comme étant au-dessus des autres bommes. (Poëés. prov. manuscr.; G. pièce 939, fol. 124, recto, col. 2.)
E an la senhoria Sobre lag autras gens.
La même chose est répétée presque dans les mêmes termes, dans le roman de Floire et de Blancheflor. (Manuscrit de Saint-Germain-des-Prés, fol. 41, verso, col. 2.) |
Chevaliers sont de moult grant pris; Il ont de tous gens le pris, * Et le los et la seignorie. |
(4) Suivant l'expression du chevalier de La Four, dans son Guidon des guerres (fol. 90, recto, col. 1}, les chevaliers avoient «l’état en l'ouvrage des batailles, » comme les maîtres et les docteurs en autres sciences.» Du Tillet dit dans le même sens: « Toute Chevalerie de » soy a prééminence et honneur pour la marque en » faicts d'armes. » (Recueil des rois de France, chapitre des geuvèrneurs et lieutenants-généraux, p. 354.)
Telle est l’idée que nos anciens nous donnent en général de toute la Chevalerie; mais en prenant encore chaque chevalier en particulier, ils le regardent comme
un capitaine qui avoit mille hommes sous ses ordres. Le roi Charles, dans le roman de Gérard de Roussillon, en provençal (manuscr., fol. 77, recto), fait ces plaintes de l’ingratitude de Gérard: « Je l’ai nourri, dit-il, dès » son bas âge jusqu’à ce qu'il fût en état d'entretenir » mille hommes sous son commandement ; » ce qui semble signifier jusqu’à ce qu’il fût chevalier.
« Lechevalierest éleu entre mille comme le meilleur,» saivant Eustache Deschamps. (Poés. manuscr., fol. 145, col. 4.) « Il est éleu entre mille hommes à avoir plus » noble office que tous les mille , » suivant l’auteur du livre de l'Ordre de Chevalerie (fol. 2, verso). Nos écrivains, dans ces passages, avoient peut-être en vue l’espèce d’allusion équivoque du mot latin miles, chevalier, avec celui de mulle.
(5) Les mots miles, militia, militare, etc., s’appliquoient anciennement, suivant Ducange (Gloss. lat.) au service qui se faisoit dans les palais ou les maisons des rois et des princes. Dans les neuvième et dixième siècles ils désignèrent le service des fiefs ; enfin ils furent employés pour exprimer une nouvelle espèce de milice qui servoit à cheval et avoit le premier rang à la guerre sur l'infanterie et la cavalerie: Un des plus anciens passages rapportés par Ducange, peut ‘faire. connoître ce qui constituoit la Chevaleric proprement dite , et ce qui établissoit la distinction entre les chevaliers et lesécuyers, Il est tiré de Foucher de Chartres (Hist. Hieros., l. 2, c. 31). Milites nostrt, dit cet auteur, chapelain de Godefroi de Bouillon, erant quingenti, exceptis illis qui militari nomine non censebantur, tamen equitantes, (Voyez la note 14 de la première partie.)
(6) C'est l'idée qu’en avoit Le Laboureur dans son Traité de la Pairie, p. 278, lorsqu'il dit : « Aussi les » cérémonies de la Chevalerie sont-elles une espèce » d’investiture et représentent-elles une manière d’hom- » mage.» (Voyez les conjectures de ce judicieux écrivain sur l'institution de la Chevalerie, p. 277.)
(7) Philippe, fils de Philippe-le-Bel, ayant fait chevaliers, à la fête de la Pentecôte, ses trois fils, Louis, Philippe et Charles, ces princes firent aussitôt quatre cents autres chevaliers. À cet exemple, rapporté par le P. Mabillon d’après la Chronique de saint Denis, on peut ajonter celui de Malcom, roi d'Écosse, qui açcompagnoit au siége de Toulouse Henri, roid’Angleterre, et qui, fait chevalier par ce prince, en créa sur-lechamp trente autres. (C'ést un fait tiré de la Chronique de Geofroi du Vissois) |
(8) Voyez la cinquième dissertation de Ducange, à la suite de Joinville, sur Les cours et les fêtes solennelles des rois de France, p. 157 et suivantes. On peut encore | juger de la magnificence de ces fêtes par la description qu’on lit dans Muratori, de la cour plénière tenue à Rimini, pour armer chevaliers des seigneurs de la maison de Malatesta, et d’autres; qn y compta plus de quinze cents’ saltimbanques , bateleurs, comédiens et bouffons.
Voyez aussi Sauval, Histoire de Paris, x11, 640, x, 710 , 711, 716. L
(9) Danse pièce intitulée le Court-Mantel, dont le fond est le même que la Coupe enchantée de l'Arioste, TOME 1. 7
mise en vers par La Fontaine,.on voit la description d’une eour plénière , tenue par le bon réi Artus,
Qui fist aux chevaliers donner Robes moult riches et moult beles, Êt grant planté * d’armes nouveles, Et moult riches chevaux d’Espaigne, De Hongrie et d’Alemaigne.
Ni ot si-poure chevalier
Qui n’ait armes et bon destrier ,
Et robes, se prendre les vout :
Onques si grant planté n’en out
À une feste mes donnée.
(10) Le manteau fourré de vair ou d'autre riche pelleterie, étoit particulièrement réservé aux chevaliers. On trouvera un grand détail sur cet article dans la note 11 de la quatrième partie. |
(11) L’habillement blanc et le bain répondoient aux cérémonies du bâptême; l’accolade et le soufflet à celles de la confirmation, et le mot espouser, dont. quelques auteurs se servent pour ‘adouber, armer chevalier, indique une espèce de mariage. (Perceforest, vol. TI, f. 119, verso , col. 1.) Enfin la Chevalerie étoit regardée comme une RÉ un sacerdoce. |
Comme le parrain faisoit des présents à celui qu’il tenoit sur les fonts, suivant un auteur cité par Ducange (Dissert. des adopt. d’hon., à la suite de Joinville, p.274), . de même aussi celui qui conféroit la Chevalerie devoit faire quelque don , accorder quelque grâce à celui qui l’avoit reçue. « Celui jour (Ordre de Chevalerie, fol. 12,
* Quantité. | | ;
« recto et verso) de la création des chevaliers, convient »* faire grant feste, donner beaux dons et grants, et faire » grants mangiers, jouster et bouhourder, et les autres » choses tqui appartiennent à feste de Chevalerie. Et le » seigneur qui fait nouveau chevalier doit donner au » chevalier nouveau et aux autres chevaliers. Et aussi » doit le chevalier nouveau donner aux autres celui jour. » Car qui tant grant don reçoit comme est l’ordre de » Chevalerie, son ordre dément s'il ne donne selon « qu’il doit donuer. »
Cet usage est confirmé par un -passagé bien Hess du roman de Lancelot du Lac (t. III, fol. 74 et 72). « Comme » c'étoit , dit-il, la constume alors, le nouveau cheva- * Lier pria Galaad ( qui lui avoit conféré la Chevalerie) » de lui accorder le premier don qu’il lui demandoit, et » qu’en pareil cas on ne doit jamais refuser à son nou- + veau chevalier, si la demande n’estoit déraisonnable ». ou préjudiciable à celni à qui elle.estoit faite. Galaad » le promit, et le nouveau chevalier le prie de permet- » tre qu’il le suive dans la queste qu'il alloit faire. »
__ (42) Plusieurs traits de rie concourent à former ce parallèle: 1° le rapport des noms ou qualificalions; 2° celui des habillements ; 3° la conformité de Jeurs priviléges ; 4° celle de leurs devoirs ou obligations. à De :
1°. Nos anciens auteurs, qui distinguent Srdinate ment les chevaliers par le nom de héros, heroes , ont quelquefois appliqué le même mot aux prélats. (Chronique du Vigeois ; Labbe, t. IL, p.310, 314, 324. et 322.) Le moine du Vigeois (p. 319), parlant du concile de Limoges, se sert de ces termes: Heroes. qui per dies : 7°
septem caneilium celebravére, Lemoviciné discedunt'ab urbe. L'auteur. du livre intitulé l'Ordre de Chevalerie (p. 12), ayant encore qualifié de chevalier terrien (temporel) celui qui a conféré la Chevalerie, donte’le titre de ‘chevalier spirituel au prêtre célébrant, devant qui s’est présenté Le novice pour la recevoir.
20, Les habits de l’un sont comparés à ceux de l’autré. De mème que tous les ornements dont lebrestre est re-
» vestu quand il chante la messe ont une signification
qui se rapporte à son office, de même aussi l'office de chevalier, qui a grande concordance à celui de prestre, » a des armes et des vestements qui se rapportent à la » noblesse de sa Chevalerie et de son ordre. » (Voyez l'Ordre de Chevalerie, p. 13 et 14, où l’on pourra lire de détail de ce parallèle.)
3°. Le privilège attaché à l'habillement stone étoit également affecté à l'habillement des chevaliers, comme -on le verra dans la quatrième partie; et'si le chevalier entroit dans l'ordre. par quelque vue d'intérêt temporel , il étoit regardé eomme simoniaque.…
4°. Afin qu'il ne manquät rien au parallèle entre les deux états de céergie et de Chevaterie , nos anciens au-
teurs voudroient étendre sur les chevaliers l'obligation du célibat ; ét comme l'Église défend le mariage à ses ministres , ils voudroient aussi l’interdire aux suppôts de la Chevalerie. (Voyez à ce sujet les poésies manuscrites d'Eustache Deschamps, p. 546, col. 4. ) :
” Nos législateurs se relâchent néanmoins de leur sévérité en faveur de l’amour : comme ils n’y voient que l'honneur, la vertu et le désir de la perfection, nonseulement ils le permettent aux gensd’ Église, aux clercs, ils le réservent même pour eux et pour les chevaliers,
comme. un apanagé qui les distinguoit des autres états inférieurs.
On lit dans nos anciens fabliaux (manuser. du roi, 7615, fol. 185, recto, col. 2) ces vers adressés à une dame : :
Et quand venra à ami faire, Et amez un biau clerc debonriere | Qui soit vaillant, preux et cortois, Ou un biau chevalier ancois *
Qu’en chevalier et en clergie Est tretoute la cortoisie.
Au reste les auteurs qui ont traité de la Chevalerie étoient bien en droit de la comparer à l'état ecclésiastique, et même à la prélature, puisqu’un prélat avoit mis les ornements épiscopaux en parallèle avec Îles armes d’un chevalier. Ce prélat est Durand, évêque de Mende, dans son livre intitulé : Rationale divini officit , Uib. 3, cité par Sainte-Marie, Ordre de Chevalerie. Voyez encore la note 34 de la quatrième partie.
(13) Voyez Ducange, Glossaire latin, aux mots a/apa militaris, miles, et autres ; et ses dissertations à la suite de Joinville. .
Le livre intitulé l'Ordre de Chevalerie, et ün autre traitant des devoirs d’ün homme de guerre, sotis le titre de Jouvencel.
La Colombière, Théâtre A et de Chev aleri ie.
Le P. Ménestrier, ses divers Traités de la Chevalerie. |
Favin, Théâtre d'honneur et de Chevalcrie.
. * Plutôt. &
Le P. Honoré de Sainte-Marie, des Ordres de Chevalerie, et beaucoup d’autres auteurs. Un ouvrage moins connu, composé sous le titre de la Salade, par Antoine de la Sale , vers le milieu du quinzième siècle, explique en ces termes les différentes manières d’armer un chevalier, dans le chapitre intitulé :‘Gomment ung escuyer se doit faire chevalier, fol. 54, recto et verso. ‘
« L'escuyer, quant il a bien voyagé, et a esté en » plusieurs faicts d'armes dont:il en est sailly à honneur, » et qu'il a bien de quoi maintenir l’estat de Chevalerie ; » car aultrement ne lui est honneur et vault mieulx estre » bon escuyer que ung poure chevalier, dont pour plus » honnourablement li estre que avant la bataille, l’as- » saut ou la rencontre, où bennieres de princes soient; * alors doit requerir aulcun seigneur ou preudhomme » chevalier qui le face chevalier au nom de Dieu, de » Notre-Dame et de monseigneur saint George, le bon » chevalier à lui baillant son espée nue en baisant la » croix; en oultres bons chevaliers se font au sainct » sépulchre de Notre Seigneur, pour amour et honneur » de lui. Aultres se font à saincte Katherine, ou là ou ils + ont leurs dévotions. Aultres se font qui sont baignez » en cuves, et puis revestus tout de neuf, et celle nuyt vont veiller en Péglise , où ils doyvent estre en devo- » tion jusques après la grant messe chantée. Lors le » prince , ou auleun aultre seigneur chevalier, lui ceint » l’espée dorée, et en plusieurs aultres plus legieres fa-
; 9 » ÇOns. » |
Voyez encore des descriptions très-exactes, très-amples et très-complètes des cérémonies pratiquées pour conférer la Chevalerie, dans le 122° chapitre du deuxième volume de Perceforest, et dans le chapitre 57 du treizième
livre d'Amadis, p. 422 jusqu’à 418. On y peut joindre l'inspection d’une miniature qui les représente, au fol. 158, recto, de la Destruction de Troie, en vers, par Benevis de Sainte-More, manuscrit du roi, n. 7180.
(14) Tout ce qui concerne cette loi rigoureuse , est détaillé dans an passage long et curieux du livre intitulé l'Ordre de la Chevalerie, fol. 14, tecto et verso, auquel nous ren voyons le AFEteUre
(15) Cette pieuse coutume ; connue sous le nom de la veille des armes, avoit été observée dès les premiers temps pour les duels judiciaires ou épreuves du duel. La Chronique latine d’Ademar de Chabannois (Labbe, Biblioth. manuscr., t. 11, p. 183), qui finit à l’an 1029, fait le récit d’un combat de cette espèce. Le champion victorieux, n’ayant point été blessé, alla sur-le-champ, à pied, rendre grâces à Dieu sur le tombeau de saint Cibar , où il avoit veillé la nuit précédente.
(16) Le novice recevoit la communion après que le prêtre lui avoit passé l’épée autour du col. ( Préf. du P. Mabillon sur le troisième siècle de l’ordre de Saint-Benoît, art. 96, P- 144. )
(17) Nous apprenons de Perceforest ( vol. I, fol. 20, verso, cel. 4 ) que les rois ét les reines de la Grande- Bretagne avoient coutume de prendre , la veille au soir de leur couronnement, des habits blancs en signe de pureté. C’éteit aussi l'habillement des novices la veille de leur réception dans l’ordre de la Chevalerie. |
(18) Qn lit dans le roman de Partenopex de Blois,
écrit dans le treizième siècle, : parmi les, manuscrits de Saint-Germain-des-Prés, fol. 151, recto, col. 2, que la fée Meillor, avant le grand tournoi qui devoit se faire “dans son royaume, ceignit l’épée à plusde cent personnes ( qu’elle les fit chevaliers ). « L'usage étoit alors bon ou * mauvais, dit le même romancier (ibid. col. 3), que » ceux qui se présentoient pour qu'on leur ceignit ». l'épée, la portotent pendue à leur col, et avoient la » tête armée, en sortc qu’on ne les connoissoit point au ” visage. »
Partenopex fat ainsi i fait chevalier par sa dème y Sans qu’elle le connût , ibidem. L'auteur de Tirant le Blanc (tom. IT, p. 41) fait encore mention de quelques écuyers qui ne vouloient être armés chevaliers que par les dames. Je ne puis me fonder sur des témoignages plus authentiques pour croire que les dames aient eu le pouvoir de faire des chevaliers, et j'ai fait voir dans la première. partie (note 14), que l'exemple de la dame de Laval, rapporté par Mesnard, ne peut avoir D oo à er cérémonie.
La Roque (Traité de la Noblesse, p. 430) fait une autre question aù sujet des dames , savoir, si elles peuvent être chevalières : les titres d'Eguitissa, de Militissa que quelques-unes ont pris et qui le font pencher pour l'afirmative, ne désignoient peut-être que l’état de leur mari si elles en avoient, ou de leur père si elles étoient encore filles, de même qu’on voit, dans la chronique du Vigeois, des personnes dont la condition est exprimée par ces mots de genere equestri, de genere militari. Le petit nombre d’exemples ‘qu’il rapporte pour prouver que les dames étoient capables de recevoir les ordres de Chevalerie, fait voir seulement que le caprice
DE LA SECONDE PARTIE. 405 a pu faire violer quelquefois la règle générale qui devoit les en exclure, puisqu'elles ne peuvent exercer la profession des armes. |
(19) On interrogeoit sur les motifs de sa demande, le novice qui se présentoit pour recevoir la Chevalerie. « Celui qui la donne, dit un de nos anciens écrivains » (Ordre de Chevalerie, p. 10 et 41), doit savoir, de * celui qui la demande, à quelle intention il souhaite » de l'obtenir; car si c’est pour être riche, pour se » reposer et être honoré, sans faire honneur à la Cheva- » lerie , il en est indigne, et seroit à l’ordre de Cheva- » lerie qu’il recevroit, ce que le Clerc simoniaque est à » la prélation (prélature). » L'auteur du même ouvrage (p. 10 et 11) exclut de la Chevalerie l’écuyer taché de vaine gloire, celui qui est chueur ou flatteur ;. car « un * tel homme fomente la corruption dant le chevalier, » par son état, doit être le destructeur, et il corrompt » la noblesse de cœur que le ehevalier doit avoir en » partage. » Îl observe aussi qu’on ne doit pas non plus admettre dans l’ordre l’homme estropié, ou ayant quelqu’autre indisposition corporelle qui le rendroit peu propre au métier des armes, quelque riche et quelque noble qu'il soit, ou quelque courage qu'il püt avoir. .Un autre auteur auquel je renvoie pour abréger, expliue toutes les qualités que doit avoir un chevalier, quelles doivent être sa taille, sa figure, sa physionomie. Cet auteur est le chevalier de la Tour. Voyez, dans son Guidon des guerres, le chapitre intitulé : Les Signes du fort chevalier (fol. go, verso, col. 2), et le chapitre des Signes de saige chevalier ( fol. 91, verso, col. 2 ). « Nul ne doit estre reçeu, dit un peu plus haut
le Même éerivain, à la dignité de chevalier, si of ne sçet qu'il aymé le bien du royaume et du commun, et qu'il soit bon et expert en l'ouvrage batailleux, et qu’il veuille , suivant les commandements du prince, appaiser les don du peuple et soy combattre pour oster, à son pouoit, tout ce qu’il sçet empescher le bien commun. + Ce maintien du bon ordre étoit un des devoirs essentiels de la Chevalerie, sur lesquels on peut consulter dans Perceforest (vol. 2, ch. 42, fol. 147) les instructions données par Île roi Péléon à son fils et à ses neveux, lorsqu'il les arma chevaliers : « Celui qui » veut entrer en un ordre, leur dit-il , soit en religion, + ou en mariage, où en chevalerie, ou en quelque estat » que ce soit, il doit premièrement son cueur et sa cons- # cience nettover et purger de tous vices, et remplir et . aorner de toutes vertus, et encharger grant voulenté » dé faire et accomplir tout ce que l'ordre enseigne à » faire. » \ |
Pour tout dire en un mot, il devoit être sans reproche, suivant le récit formel de Monstrelet ( vol. 3, fol. 85, recto et verso } : « Lorsque le duc de Bourgogne, » en 1461, tint la fête de la Toison d’or, le duc d’Alen- » çon y fit assister un chevalier à sa place, étant pri- » sonnier pour le jugement rendu contre lwi; et quois qu’à cette assemblée il ne dût y avoir que des chevaliers sans reproche, le duc de Bourgogne 1e souffrit, parce qu'il le tenoit pour homme d'honneur condamné » injustement et sans sa participation. »
Plusieurs dè nos chevaliers méritèrent, par distinetion, le surnom particulier de Chevaliers sans reproche (Ménm. d'Olivier de la Marche, p. 50), tels que Duguesclin , Barbasan, Louis de la Trimouille et Bayard :
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joignons-y le :brave d’Aumont, mort en 1595, à qui M. de Thou tend ce:glorieux témoignage : « Qu'il étoit » tellement estimé dans les deux partis du roi et de la » ligue, que s’il eût été question de trouver un cheva- » lier françois sans reproche, tel que nos pères en ont. » eu autrefois, tout le morndg auroit jeté les yeux sur
» d'Aumont, » (Voyez livre c cxni, trad., t. XII, p. 446.)
(20) On: voit, dans le roman du Don Florés de Grèce (fol. 70, verso, et 71, recto ), un chevalier près d’aller au combat, qui est armé par une jeune demoiselle « qui, » de ses blanches et délicates mains, commença à nouer » et lacer esguilettes et courroyes. Or devinez, ajoute » l’auteur, comment patiemment il prenoit en gré cette » faveur. Certes il n’eust pas voulu avoir desja eu la » victoire pour perdre tant de privauté de celle en la-
» quelle il vivoit du tout. »
(21) Cette coutume avoit changé suivant un passage de Lancelot du Lac (t.I, fol. 75): Éperor dextre chaussé au nouveau heal. comme c’étoit alors la coûtume.
(22) C’étoit le signe le plus essentiel de la Chevaleriè. Comme le jeune Lancelot avoit été oublié parmi le grand nombre de ceux qui reçurent l'épée de la main du roi Artus, la reine lui en donna une; alors il devint chevalier, et fut chevalier de cette princesse. (Lancelot, + 1, fol. 32, p. 392 et suivantes. )
(23) C'est-à-dire revêtu de son armure. Voyez-en la description bien circonstanciée dans Perceforest ( t. IE, fol. 119, recto; col. 4 et 2, verso ), où il faut remarquer
. le terme d’épouser qui y est employé en parlant de ceux qui ont donné les armes au nouveau chevalier.
(24) On lit à la page 12 du livre intitulé Ordre de la Chevalerie : « L'escuyer se doit agenouiller devant l’au- “ tel, et lever à Dieu ses yeux corporels et spirituels, et » ses mains au ciel, et le chevalier lui doit ceindre l’é- » pée en signifiance de chasteté et de justice, et en si- » gnifiance de charité, »
(25) Selon le même auteur, même page : « Le cheva- » lier doit baiser l’escuyer ee il reçoit chevalier), et lui » donnér une paulmée afin qu’il soit souvenant de ce » qu’il promet et de la grande charge à quoi il est obli- » gé, et du grand honneur qu il recoit et prend par » l’ordre de Chevalerie. »
(26) On pouvoit encore réclamer d’autres saints en conférant la Chevalerie. Saintré, prêt à combattre les infidèles en Prusse, pria le roi de Bohème de lui accorder la Chevalerie de par Dieu , Notre-Dame et monseigneur saint Denys.
(27) Perceforest (vol. I, fol. 112, recto, col. 1) nous donne le portrait d’un jeune homme que le roi Alexandre venoit de faire chevalier, et qui ensuite fut laissé seul à l'entrée d'une forêt. « Adonc regarde hault et bas, » et lui est advis que c’estoit belle chose d'ung homme » quant il est armé. Lors se pensa qu'il s’armeroit du » tout : si print son heaulme et le mit sur son chef, et + son escu,.et le pendit à son col; et puis. vint à son » cheval et saillit sus de plaine terre que des.estriers ne » se daigna aider. Et quant il fut sus il se print à esten-
dre et à say afficher ès estriers, et joignit son eseu: à son costé.senestre et à s0y polir en ses armes. Lors va saisir son glaive et le print à pannoyer ( paumoyer : i. e. tourner ) et à escremer el à tournôyer entour son chef, et dist à soy-mesmes : Or ne me fault riens de toute ma joie fors que je frouvasse à qui jouster pour savoir si Je pourray aucune chose valoir. Après ce il fiert le cheval des esperons : il fait un tour parmy la forest si joyeux et si desirant de jouster que se il cuidast lance recouvrer, il allast jouster au premier arbre qu’il trouvast ; ainsi s’en va chevauchant parmi a forest jusques au bas vespres» Et ailleurs : « Si-tost que le roy les eut fait chevaliers, ils montèrent sur leurs chevaulx tous armés qu’ils estoient. Lors pendirent leurs escus à leurs colz et prindrent leurs glaives
"ès poings, et puis poigoirent leurs chevaulx par la
praerie si bien et si gentement, que le roi et Cassiel,
le souldan et la chevalerie qui là estoit, dirent apertement qu’ils ne pouoient faillir à estre preux en faiz d'armes. » ( Perceforest, vol. [, fol. 106, v°, col. 2.)
® (28) En voici la preuve dans le passage suivant tiré de l'Ordre de Chevalerie (p.12): « Le nouveau cheva-
lier doit. chevaucher parmi la ville, et se doit montrer aux gens, affin que tous saichent qu’il est chevahier nouvellement: fait et ordonné chevalier, ‘ét qu'il
est obligé de deffendre et maintenir le haut honneur
de Chevalerie, car de tant aura-t-il en soy plus grand reffrenement de mal faire : car par la grande vergogne qu’il aura des gens qui servent la Chevalerie, il se rétirera souvent de mesprendre contre l'Ordre de Chevalerie. » L RS
(ag) Eustache Deschamps, dans ses poésies mennscrites ; dit ( fol. 4237 ) que trois Ordres sont nécessaires dans un État, suivant l'écriture : « Les chevaliers pour + défendre; les: prêtres pour prier Dieu, et les Jlahou- » reurs pour cultiver la terre. » Et fol, 403 : « Que Îles » terres des rois et des chevaliers leur avoient été données pour défendre le peuple. »
(30) Le Jouvencel (fol. 94 jusqu'à 97 ) compare V'Église au chef de l’homme ; la Chevalerie à ses bras, et l’état des bourgeois, marchands et laboureurs aux autres membres inférieurs. » +
(3+) Audigier, héros d'un roman burlesque ayant été ridieulement armé chevalier,
Sor le dise armé sist Audigiar ; :
Entor lui ot de gens plus d'un millier ., .
Les queroles bé spmmencent sor un fumier.
Ce roman, écrit au 43° siècle, est conservé parmi les fabliaux manuscrits de SE Gonna de Dai
(32) Voyez ces prières et ces formules rapportées par André Favin ( Théâtre d'honneur et de chevalerie, p. 89 et 90 ), et dans la remontrance de: Juvénel. des Ursins , archevêque de Reims, poux la réformation du royaume ee de Dupuy, n. 519, fol. 39}
(33) C’ est is doute par une suite de cette nie que les empereurs, à certaines fêtes , ont chanté l'Évangile tenant à la main leur épée nue : Evangelium nudato ense in vigiliis Natalis Domini in matutinis Mo-
* Caroles , danses.
guatiæ legit Carolus IF imperator ( Chronic. Belgicum, p. 286, cité par pus Le Glass. lat., au met Evsagelium ).
(34) Suivant le livre de l'Ordre de Chevalerie, déjà cité bien des fois dans ces notes, office de Chevalerie est de maintenir la for catholique. Nos anciens poëtes confrment cg principe; entre plusieurs passages d'Eustache Deschamps dont les poésies, encore manuscrites, furent composées vers la ni du LÉ siècle, nous ne çiterons que celui-ci :
Chevaliers en ée monde cy
Ne peuvent vivre sans soucy; Ils doivent le peuple défendre, Ft leur sang pour la foy espandre.
(35) Ce serment est rapporté dans le Jouvencel (fol. 93 et suiv. ). On avoit déjà négligé cette pratique an temps de Charles VIT, et c’est un des peints sur lesquels on s’écartoit alors de la régularité de l’ancien cérémonial, comme nous l’apprend Juvénal des Ursins, arehsvêque de Reims, dans ses remontrances au roi. pour la réformation du royaume. Le manuscrit en est conservé parmi ceux de Dupuy (n. 519 ); Godefrai Le cite dans sa préface sur l'Histoire de Charles VI, et comptsit en faire usage dans celle de Charles VII
(36) L'obligation de les défendre étoit un des premiers devoirs du chevalier : « Office de chevalier est de » maintenir femmes veuves et orphelins, et hommes » més-aisés et non puissants. » (Ordre de Ehevalerie, fol. 6, verso. ) |
(37) C'est de toutes'les loix de la Chevalerie celle qui: fut maintenue, de tout temps , avec le plus de vigueur parmi la noblesse françoise. « Si une honneste dame , dit » Brantôme ( Dames Gal.), veut se maintenir en sa » férmeté et constance, il faut que son enGIeur n’es- » pargne nullement sa vie pour la maintenir et deffen- » dre, si elle court la moindre fortune du monde, soit » ou de sa vie ou de son honneur ; ou de quelque mes- » chante parole, ainsi que j’en ay veu en nostre cour » plusieurs qui ont fait taire les médisants tout court » quand ils sont venus à détracter de leurs maistresses » et dames, auxquelles, par devoir de Chevalerie et par » ses loix, nous sommes tenus de servir de champions » à leurs cictionas
Ce droit que les dames avoient sur t la Chevalerie de. voit être conditionnel : il supposoit que leur conduite et leur réputation ne les rendoient point indignes de l'espèce: d'association qui les ‘unissoit à cet .ordre uniquement fondé sur l'honneur.
Une princesse , suivant Tirant le Blanc (t. I; p. 266), se soumet & perdre tout droit & la Chevalerte , et consent que jamais chevalier ne puisse prendre armes pour sa deffense, si elle ne tient pas la promesse de manage “qu'elle donne à un chevalier qui l'aimoit.
C’étoit donc un nouveau lien. qui assujettissoit :les ‘dames à conservèr précieusement les: mœurs: pures et honnètes que les chevaliers exigeoient d'elles, à s’observer scrupuleusement dans toutes les démarches de leur vie; et c’étoit par conséquent un nouveau service que la Chévaälerie rendoit à la société. La demoiselle dont Gérard de Nevers entreprit la défense, ayant vu l'empressement avec lequel il s’y porta, « elle prit son gand
» senestre , si.le.bailla à Gérard qui moult volentiers le » prit, en lui disant: Sire, mon eorps, ma vie, mes » terres et mon honneur, je mets'en la garde de. Dieu » et de vous, auquel:je prie Dieu qu'il doint à vous » telle grâce octroyer que au dessus en puissiez venir et » nous oster dun danger où nous nn Roman de Gérard de Nevers, part. I, p.71. }.
.(38) Le poitrait de: Foulque, Here Gérard. « ay fol. 52, verso: et:53; recto, du Roman de Gérard de Roussillon, mss.; es Provençal ), renfesmie: toutes les qualités d'en chevalier accompli, ‘iet ipar epnséquent l'assemblage dé toutes:les vértus qu’ezigeoit la Cheva lerie. IL a toutes les h5nnes qualités qu'on peut avoir; sans qu’on puisse lui reprocher un' seul:ééfaut Preux, courtois ,:affable , franc, . débonnaire, éloqueht:; .il sait également bién. chasset en bais ét:en rivière ( Zes:exert cices de la wénetie et, de la::fanconnerie ):; jouér aux échets, aux tables et aux dez ; prodigué: de ses biens , il les répand sur:toùs ceux. qui L'approshent, bt'syrtout:le monde sons distinetion. ( /hi ba.s hi malvdtz), Esnemi déclaré de l'injustice et de quiconqüe:0boit'ea prendseke parti, quadd::iln’avoit.pas'le pouvair-de la. réprimer. il en étoit inconsolable : enfin 1l ne sortit jamais de sa cour qu’il n’ait soutenu ‘eh se cos re de ses jugcments”: « EU CE te Üi-ciis
Hs aie NE if) si ti Ni anc a jutgamen no ) 50 tornatz
Que ans non s’ en 1 combatez en camp armatz: à NT vin d T2E Ts gt Mal «
+ CRETE dc
Ce dernier trait est une Re ce que M. le président Montesquieu. a avancé des. :sours de. justice (Esprit desLoix , liv. XX VIIT, ch. 27)..Un atreisuyrage, éarit aussi en provençal, achèvera de noné représenter