‹ Mémoires sur l'ancienne chevalerie avec une introduction et des notes historiques (volume 2)Chapitre 36 sur 57 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

242 NOTES chapitre contenant (Edit. deGodefroi, c. XXXIX, p.146

et suiv.) Les lettres d’armes par lesquelles se obligeoient treize chevaliers à deffendre le droit de toutes gentifemmes à leur pouvoir qui les en requerroient. (Ibid., e. XXX VIII, p.143.) ILavoit été souvent indigné de voir des dames et des demoiselles obligées de venir porter leurs plaintes au pied du trône comme & la fontaine de ‘justice. Honteux que la Chevalerie n’eût pas d’ellemême pris les armes pour défendre leurs querelles, il -résolut de lever un ordre de ces treize chevaliers de la Dame blanche à l’écu verd, qui, pendant ciñq ans, se dévouèrent à l’entreprise qu’il ‘eur proposa. « Chacun » d’eulx portoit liée autour du bras une targe (un écu) » d’or esmaillée de verd, à tout (avec) une dame blan- » che dedans. » Une pareille #rdeur anima deux chevaliers de Picardic en 1425, pour le maintien des droits de Jacqueline de Bavière. Quand le comte de Saint-Pol, dit Monstrelet, reçut dans son château de Hesdin sa sœur, la duchesse de Bourgogne : « Audit lieu de Hesdin » cstoient Jehan, bastard de Saint-Pol, et Andrieu de » Humiecres, lesquels portoient chacun sur son bras dex- » tre une rondelle d'argent où il y avoit painct une raye » de soleil, et l’avoient entreprins pour ce qu'ils vou- » loient soustenir contre tous Anglois et autres leurs » alliez, que le duc Jehan de Brabant avoit meilleure + querelle de demander et avoir le païs et seigneuries + de la duchesse Jaqueline de Bavière, sa femme, que » n’avoit le duc de Glocestre. » (Monstrelet, vol. IT, fol. 25, verso, fous l’an 1425.)

(34) Comme il alloit pour la troisième fois en Prusse contre les infidèles , il apprit, étant à Konisberg, qu’en-

tre plusieurs étrangers qui faisoient le voyage pour le même dessein , Guillaume de Douglas, seigneur écossois, avoit été assassiné par un Anglois, et que ses propres compatriotes négligcoient d'en goursuitre la vengeance. L’ame noble et vertueuse de Boucicaut se révolta contre l’atrocité du crime qui demeuroit impuni. Il provoqua Jes Anglois ; il défia quiconque d’entre eux seroit assez hardi de soutenir que l’Écossoié n’avoit pas été injuste ment mis à mort. (Histoire du maréchal de Boucicaut, publiée par Godefroi, ce. XVIIT, p. 67 et suiv.)

Voyez, dansl'Histoire de Charles VI(L XXII, c. VIII, p- 456 et 457), par le moine de Saint-Denys, la ii stance des lettres de défi du duc d'Orléans, adressées en 1402 au duc de Lancastre , meurtrier de Richard Il. ‘ roi d'Angleterre, pour le combattre à la tête de cent gentilshommes, sous la condition que les vaincus seroient à la discrétion des vainqueurs. Le cartel fut mal recu, le héraut qui le porta renvoyé sans présents, contre la noble coutume, et le combat rejeté comme inégal , à cause de l'inégalité des parties, depuis que Lancastre étoit monté sur le trône d'Angleterre. « J'ai * vüû toutes les pièces de part et d’autre, dit l'historien, » et j'ai long-temps délibéré si je devois les mettre ici ; » mais comme cela se passa en paroles et en injures » comme des querelles de vieilles, j'ai cru que ce seroit » assez d’en parier sommairement. »

(35) Les exemples de cette espèce, trop peu importants par eux-mêmes, ne peuvent guère se rencontrer que dans nos romans ; mais on les y voit souvent répétés.

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