TOME I
dants allégua que son adversäire n'étoit point chevalier : Fempereur Sigismond, en présence de qui cette cause se plaidoit, conféra la chevalerie à celui qui ne lavoit point ; et par ce moyen, lui fit obtenir l'office qu'il demandboit. Ce fut aussi parce que l'ancien conseil des rois avoit été formé des chevaliers, qu'ils restérent en possession d'être employés dans toutes les négociations. S'il falloit envoyer des ambassadeurs pour traiter des affaires les plus importantes, ou de la guerre ou de la paix, on choisissoit toujours pour chaque ambassade ‘‘ et toujours en nombre égal, des ecclésiastiques et des chevaliers : on y joignit dans la suite autant de magistrats, et le troisième ordre se forma lorsque les fonctions de juge eurent été distraites de la Chevalerie qui les avoit originairement exercées. Mais de tous les droits appartenant au chevalier , le plus noble, sans contredit, fut celui de pouvoir créer d’autres he dlics à l'instant même de sa promotion. C’étoit en quelque facon participer à la puissance ,. à l'autorité des souverains; aussi dans les assemblées «et dans les festins. solemnels , les chevaliers avoient-ils leurstables particulièresservies par lesécuyers, comme on l’a vu dans le premier Mémoire, et
desquelles les fils méme des rois étoient exelus, s'ils n’avoierit point encore reçu la Chevalerie. | Les plus puissants monarques croyoient ne pouvoir inspirer à leurs enfants trop de respect pour l’état de chevalier, ni trop marquer eux-mêmes l'estime qu'ils faisoient d’un ordre à qui le trône devoit son principal éclat; ils ne vonloient point être couronnés qu'ils n'eussent reçu toutes leurs armes *, c’està-dire qu'ils n’eussent été faits chevaliers. Enfin ce qui semble. mettre le comble à la gloire de cet état, lorsqu'on rapportoit.la mort d'un simple chevalier, après avoir dit combien de temps il avoit vécu, on exprimoit le nombre de ses années de Chevalerie + comme en parlant: d'un souverain on ee spécifié lé nombre des années de son règne ; c'est ainsi du moins qu'en use le moine du Vigeois, un de nos plus anciens historiens.
Au jugement des premiers instituteurs de la Chevalerie, tout cela ne suffisoit pas encore pour récompenser dignement ceux qui devoient en accroître la splen deur.
Si le chevalier étoit assez riche, assez puis sant pour fournir à l'état un certain nombre de gens d'armes et pour les entretenir à ses dépens , on lui accordoit la permission d'a-